Erik Prince, le sulfureux ex patron de la très controversée entreprise de mercenariat, Blackwater, signe son grand retour. Cette fois, c’est en Haïti que le pro Trump a jeté son dévolu. Selon The New York Times, l’homme d’affaires états-unien aurait été mandaté par le gouvernement Haïtien pour affronter les gangs qui contrôlent depuis 2021 de grandes portions de la capitale Port-au-Prince.
Après la prostitution et le journalisme, le mercenariat est sans doute l’un des plus vieux du Monde. Du moins, depuis que l’Homme est civilisé et qu’avec sont apparues des guerres pour conquérir ou défendre des territoires.
On sait notamment que les Pharaons avaient parfois recours à des troupes nubiennes ou grecques pour renforcer leur armée. Les cités grecques antiques d’Athène ou Sparte faisaient également appel à des guerriers étrangers. Ce fut également le cas pour l’Empire Perse et ses combattants grecs et son armée multiethnique qui faisaient sa grandeur. On peut aussi parler de l’Empire Romain qui intégrait dans ses rangs des hommes issus de peuples vaincus et inféodés à Rome. D’ailleurs à ce sujet, on pense à Arminius, un romain d’origine Chérusque qui prit la tête d’une rébellion de Germains contre l’Empire qui l’avait éduqué et entrainé comme un soldat romain. Si on poursuit dans l’histoire, au Moyen-âge Européen, des rois ou des seigneurs employaient des hommes venus d’autres seigneuries ou d’autre royaumes pour combattre dans leurs armées. A ce sujet, des mercenaires ont participé à plusieurs croisades occidentales contre le Monde arabo-musulman qui lui-même utilisait des guerriers, venant généralement des pays de l’Est pour défendre leurs positions. Dans la même ligne, on peut parler de la Suisse qui entre le XVe et le XVIIIe siècle était le berceau des meilleurs mercenaires de ces époques. Les guerres de religion, la guerre de Trente Ans et les conflits coloniaux font exploser le recours aux soldats étrangers dans les différentes armées européennes, ceux-ci venaient principalement de ce que l’on nomme aujourd’hui : l’Allemagne ou la Suisse, au point que le Vatican recrute toujours ses Suisses pour garder le Pape.
Plus proche de nous, lors des guerres de décolonisation en Asie ou en Afrique, les derniers empires coloniaux européens ont intégré parmi leurs armées des soldats étrangers. C’est en Afrique, que leur utilisation a été le plus courante. Ainsi du Cameroun ( guerre contre l’UPC) au Zaïre-Katanga ( aujourd’hui dénommé RDC) en passant par l’Angola, le Mozambique, sans oublier l’ex Rhodésie du Sud ( aujourd’hui appelé Zimbabwe), Français, Anglais, Espagnols, Portugais et Sud-Africains ( Afrikaners) ont loué les services de ces soldats professionnels étrangers attirés par le goût de l’aventure mais surtout celui de l’argent. Vulgairement nommés barbouzes par la Presse et les partis de gauche, ils ont été pendant longtemps les bras armés des anciennes puissances coloniales qui désiraient maintenir une influence sur la politique de leurs anciennes colonies. Par exemple, les différents gouvernements français de la Ve République, ont très longtemps fait appel aux « services » de Bob Denard pour régler les affaires africaines les plus difficiles. Coups d’Etat, assassinats d’opposants ou de présidents, guerres secrètes, lui et ses hommes étaient dans tous les mauvais coups en Afrique subsaharienne durant la Guerre Froide.
Petite avance dans le temps. A la fin de la Guerre Froide, loin d’avoir disparus, les mercenaires ont fait leur grand retour et au grand jour. Sur ce point, l’Afrique du Sud de l’Apartheid, dans les années 1980 jusqu’au début des années 1990 menait une guerre non officielle en Namibie et en Angola contre les mouvements communistes soutenus par Cuba et l’URSS. Forts de leurs expériences sur ces théâtres d’opérations, des milliers de soldats sud-africains ( noirs comme blancs) se retrouvent au chômage, avec un savoir-faire très spécifique : la guerre asymétrique. Ils formeront les toutes premières compagnies militaires privées validées par Pretoria. C’était en 1990. Leur histoire est marquée par des opérations secrètes, des contrats juteux en Afrique comme au Libéria et au Sierra Leone qui connaissaient des guerres civiles ultra violentes.
De nos jours, quand on parle des SMP ou PMC, on pense à WAGNER de feu Evgueni Prigojine. Des paramilitaires présents sur les différents théâtres d’intervention de l’armée russe. Aussi bien Afrique ( Centre-Afrique, Libye, Mali, Burkina Faso) qu’en Ukraine où les mercenaires russes ou russophones ont pris part à des combats, bien souvent en première ligne, au prix de très lourdes pertes. WAGNER à son apogée était une armée dans l’armée russe et la milice privée était même mieux équipée que les soldats mobilisés.

Erik Prince de Navy Seals à Black Water.
Pourtant bien avant que le très controversé magnat russe de la restauration ne crée sa société militaire, un homme a aussi l’idée de créer la sienne. Son nom : Erik Prince. Il est des Etats-Unis. Ancien Navy Seals avec des déploiements en Haïti, au Moyen-Orient et dans les Balkans, proche de la CIA ( service de renseignement extérieur des USA). La mort de son père en 1995 le pousse à quitter la marine et à vendre l’entreprise familiale, lui procurant un capital substantiel pour ses projets futurs. Deux après, soit en 1997, il fonde Black Water, une société de sécurité privée basée en Caroline du Nord.
Initialement conçue comme un centre de formation pour les forces de l’ordre et militaires, Blackwater devient rapidement un acteur majeur dans les contrats de sécurité du gouvernement américain, notamment en Irak et en Afghanistan. Dans ces deux pays, Black Water laissa dans son sillage, mort et désolation. En effet, Blackwater a été impliquée dans plusieurs incidents violents. En 2004, après une confrontation avec des civils, quatre contractuels de Blackwater sont lynchés et brûlés après une embuscade à Falluja. Leurs corps sont suspendus à un pont. Ce qui conduit à la bataille de Falluja, l’une des plus sanglantes de la guerre d’Irak. De plus, le groupe paramilitaire américain est accusé à plusieurs reprises de tirer sur des civils sans justification et d’usage d’armes lourdes ou d’explosifs dans des zones civiles.
Cependant, de Black Water on ne retient que la fusillade de la place Nisour à Bagdad en 2007, où des agents de la société ont tué 14 civils irakiens et fait 20 blessés civils. Pendant longtemps, les agents ont prétendu avoir été attaqués mais il n’y a jamais eu de preuves d’une attaque. Le FBI a qualifié l’incident d’ »homicide volontaire ». Les survivants parlent d’exécution froide, certains tués dans des voitures en feu. Le gouvernement irakien de l’époque expulse Black Water. Quatre agents impliqués dans les violences sont poursuivis par la justice des Etats-Unis. Nicholas Slatten est condamné à la prison à perpétuité. Trois autres à 12-15 ans de prison.
Face au scandale révélé par Wikileaks et d’autres grands médias Etats-Uniens, l’ancien Navy Seals rebaptise son entreprise Xe Services en 2009, en 2010, il la revend à un groupe d’investisseurs qui la renommèrent Academi en 2011. Le volet judiciaire est définitivement clos lorsque quatre anciens employés qui ont été reconnus coupables, ont été graciés par le président Donald Trump en 2020.
Loin d’avoir jeté l’éponge du mercenariat, Prince reste très actif avec ses entreprises et fait toujours parler les médias. Après la vente de Blackwater, Prince fonde Frontier Services Group (FSG), une société basée à Hong Kong, spécialisée dans la sécurité et la logistique, notamment en Afrique. FSG entretient des liens étroits avec le groupe public chinois CITIC et a étendu ses opérations en République démocratique du Congo, se lançant dans l’extraction de minéraux et l’exploitation forestière.
En 2021, un rapport de l’ONU révélé par The New York Times et le Washington Post, accuse Erik Prince d’avoir violé l’embargo sur les armes en Libye en envoyant des mercenaires et du matériel militaire pour soutenir le général Khalifa Haftar. Cette opération, d’une valeur de 80 millions de dollars, visait à renverser le gouvernement reconnu par la communauté internationale. Le contrat passé entre le général Libyen et Prince prévoyait la formation d’un commando pour traquer et tuer de hauts responsables libyens, dont certains potentiellement détenteurs de passeports européens,
Hors d’Afrique, en 2020, on apprend du TIMES qu’Erik Prince projetait de créer une milice privée en Ukraine, en s’appuyant sur les vétérans de guerre ukrainiens et les infrastructures militaires du pays. De plus, un autre contrat prévoyait la création d’une usine de fabrication d’armes, de munitions, de drones et un autre pour la fabrication d’avions de chasse 100% ukrainiens. Cependant, les contrats n’ont jamais vu le jour, puisque Prince s’était associé à deux entrepreneurs ukrainiens jugés par Kiev comme des pro-russes.
Haïti, l’autre front d’Erik Prince
Après, le Soudan, la Palestine ( Gaza) et l’Ukraine, c’est bien la situation sécuritaire en Haïti qui inquiète les Nations Unies.
La première nation noire plonge de plus en plus dans l’insécurité et la violence des gangs fait trembler le pouvoir en place. En effet, la première République noire peine à sortir des crises qu’elle a dû traversé tout au long de son histoire surtout depuis le tremblement de terre de 2010 et même encore plus récemment suite au meurtre du président Jovenel Moïse. Entre pauvreté grandissante, économie entravée, instabilité et violence politique, l’autre affliction d’Haïti est bien entendu la violence orchestrée par les gangs qui se disputent le territoire de Port-au-Prince. Le pays francophone des Grandes Antilles connaît depuis environ une décennie une situation d’insécurité grandissante et alarmante.
Des bandes armées qui volent, pillent, violent et tuent quiconque se trouvant sur leur chemin. On sait que ces bandes armées contrôlent environ 80% de la capitale haïtienne et les crimes violents sont fréquents. Face à eux, une police mal équipée, mal entrainée, en sous-effectifs et corrompue. À peine 3.500 policiers sont en service de sécurité publique à tout moment, dans tout le pays. Entre-temps, le recrutement de nouveaux policiers a été interrompu en raison de la détérioration des contraintes sécuritaires et logistiques.
Une insécurité grandissante qui repose surtout l’instabilité politique qui s’est accrue avec l’assassinat du dernier président élu au suffrage universel, Jovenel Moïse en juillet 2021.
Selon l’ONU, 5.601 personnes ont été tuées en Haïti l’année dernière en raison de la violence des gangs, soit une hausse de plus de 1.000 personnes par rapport au nombre total de tués en 2023. Sur la même période, 2.212 ont été blessées et 1.494 personnes ont été également kidnappées par les gangs.
Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HS’ouvre dans une nouvelle fenêtreCDHS’ouvre dans une nouvelle fenêtre) indique avoir recensé 315 lynchages de membres de gangs et de personnes prétendument associées à des gangs, qui auraient parfois été facilités par des policiers haïtiens, en 2024.
En outre, 281 cas d’exécutions sommaires présumées impliquant des unités de police spécialisées ont été recensés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2024.
L’un des incidents les plus meurtriers et les plus choquants de 2024, au moins 207 personnes ont été tuées début décembre lors d’un massacre orchestré par le chef du puissant gang Wharf Jérémie dans le quartier de Cité Soleil à Port-au-Prince. Un grand nombre des victimes étaient des personnes âgées accusées d’avoir causé la mort du fils du chef par des pratiques vaudoues présumées. Pour effacer les preuves, les membres du gang ont mutilé et brûlé la plupart des corps, tandis que d’autres ont été jetés à la mer.

En Haïti, les bandes armées sont généralement mieux armées que les forces de l’ordre locales. Elles font régner la terreur dans les territoires qu’elles ont conquises. Elles attaquent même les hôpitaux, les cliniques, les bâtiments officiels de ce qui reste du pouvoir politique haïtien. Les gangs désormais unifiés empêchent même l’acheminement de l’aide humanitaire ou ils pillent les centres de distribution, entrainant une aggravation de la malnutrition.
Selon les Nations Unies, en 2024, 5,4 millions de personnes, soit près de la moitié de la population, sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Parmi elles, 2 millions sont en phase 4 de l’IPC (urgence), et environ 6 000 personnes déplacées internes sont en phase 5 (catastrophe), le niveau le plus critique Selon l’ONU 125 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère (émaciation), exposant leur vie à un risque immédiat. Selon l’UNICEF, le nombre d’enfants touchés a augmenté de 19 % par rapport à l’année précédente.
Pays instable sans gouvernement officiel, Haïti tente de trouver de faire face au défit sécuritaire. Malgré la détermination des forcées armées haïtiennes aidées de soldats Kenyans dont le pays a pris la tête, la coalition des armées du Guatemala, du Salvador, du Belize, de la Jamaïque et des Bahamas tarde à s’impliquer activement sur le terrain. L’aide des USA promis sous Joe Biden prend elle aussi du temps. Les gangs eux continuent leurs exactions.
Face à une telle situation, Alix Didier Fils-Aimé, Premier ministre d’Haïti, nommé le 11 novembre 2024 par le Conseil présidentiel de transition pour succéder à Garry Conille, limogé après seulement cinq mois de mandat, s’est fixée pour mission de rétablir la sécurité dans son pays. Tous les moyens seraient bons pour y parvenir même faire appel à des mercenaires comme Erik Prince.
Du moins c’est ce que le New York Times apprend. Ces derniers mois, le gouvernement haïtien aurait fait appel à des entrepreneurs américains, dont Prince, pour travailler sur un groupe d’opérations secrètes visant à déployer des drones pour tuer des membres de gangs, ont déclaré des experts en sécurité. Des sources affirment que son équipe opère depuis mars 2025 bien qu’aucune capture ni neutralisation de cible de haut rang n’ait encore été confirmée. On estime que près de 200 personnes ont été tuées par ces engins, mais aucun chef des gangs n’a été ni abattu, ni capturé. Dernière action en date, le dimanche 25 mai 2025 dernier, plusieurs frappes de drones ont été réalisées dans le quartier de Village-de-Dieu, fief du gang « 5 segonn », dirigé par « Izo », se sont soldées par la mort d’une trentaine de bandits, tandis qu’une centaine d’autres ont été blessés. La résidence du caïd, son studio d’enregistrement ainsi qu’un véhicule remplie d’armes et de munitions ont été détruits lors de cette attaque, selon le directeur exécutif du RNDDH.
Erik Prince aurait également commencé à recruter d’anciens militaires haïtiano-américains et envisagerait le déploiement de quelque 150 mercenaires d’ici l’été. Deux experts ont indiqué qu’un important stock d’armes a déjà été acheminé vers le pays en prévision d’une intensification des opérations. Washington, qui soutient depuis des années la Police nationale haïtienne à travers une aide matérielle et financière, a précisé ne financer ni M. Prince ni ses entreprises dans le cadre de cette mission.Cet article du NYT est basé sur des entretiens avec une douzaine de personnes qui suivent de près la situation en Haïti. Tous, sauf un, ont parlé sous couvert d’anonymat car ils n’étaient pas autorisés à discuter publiquement de questions de sécurité sensibles.
Le site Gazette Haiti reprenant l’enquête du New York Times explique d’un certain Rod Joseph, un vétéran de l’armée haïtienne et propriétaire d’une société de formation à la sécurité basée en Floride, a déclaré qu’il était en pourparlers avec Prince depuis la fin de l’année dernière pour fournir du personnel pour son contrat. Joseph, qui a formé la police haïtienne à l’utilisation de drones de surveillance, a déclaré que Prince lui avait donné l’impression que ses plans étaient sous les auspices du gouvernement américain, mais qu’ils étaient ensuite passés directement sous l’autorité du gouvernement haïtien. Toujours selon ce témoin privilégié, Prince lui aurait dit qu’il prévoyait d’envoyer des fantassins salvadoriens en Haïti avec trois hélicoptères pour participer à des attaques contre des gangs.

Erik Prince aura cartes blanches :
Selon les sources du New York times, le contrat entre Erik Prince et les autorités haïtiennes a déjà été signé. Cependant, les journalistes n’ont pas réussi à obtenir des informations sur les termes de l’accord ou les financements de cette initiative. Les autorités intérimaires d’Haïti ont refusé de s’entretenir avec le média.
Erik Prince, qui est à la tête de plusieurs opérations militaires privées, n’a pas répondu non plus aux questions du New York Times.
Cependant, l’homme d’affaires Américains ne sera soumis à aucune surveillance des autorités américaines. Il aura les mains libres sur le terrain, sans l’obligation de rendre des comptes sur ses opérations. Il doit simplement obtenir une licence du département d’État américain, lui autorisant à mener les opérations militaires privées à l’étranger.
Selon ses proches, les ambitions de ce grand ami de Donald Trump seraient grandes puisqu’il voudrait intervenir au niveau des douanes, des transports et contribué au rétablissement des services gouvernementaux.
Le risque est grand quand on connait les scandales qui entourent le frère de Betsy Devos et financier de la campagne électorale de Donald Trump en 2024 et sa visions des pays pauvres d’Afrique et d’Amérique Latine. En effet, dans son podcast OffLeash, l’entrepreneur Républicains appelait clairement les pays Occidentaux à recoloniser leurs anciennes colonies qui seraient incapables de se gérer par elles-mêmes.
If so many of these countries around the world are incapable of governing themselves, it’s time for us to just put the imperial hat back on, to say, we’re going to govern those countries … ’cause enough is enough, we’re done being invaded. …You can say that about pretty much all of Africa, they’re incapable of governing themselves.
Erik Prince-Off leash.
Si tant de ces pays à travers le monde sont incapables de se gouverner eux-mêmes, il est temps pour nous de remettre le chapeau impérial, de dire que nous allons gouverner ces pays… car ça suffit, nous en avons fini d’être envahis. … On peut dire cela à peu près de toute l’Afrique, ils sont incapables de se gouverner eux-mêmes.
De plus, on peut se poser des questions lorsque l’on a une connaissance du passif d’Haïti avec les sociétés de sécurité privées dans son histoire contemporaine. En 2021, des mercenaires colombiens embauchés par une firme américaine avaient été accusés d’avoir participé à l’assassinat du président Moïse. Malgré cela, une partie de la population et des responsables politiques accueillent avec espoir cette nouvelle initiative, faute d’alternative crédible face à l’extension du contrôle territorial des gangs.
C’est qu’exprimait Alfred Mettelus, actuel ministre de l’économie et des finances d’Haïti, au Nouvelliste,
« Toute les portes sont ouvertes. Toutes les possibilités doivent être sur la table. Nous recherchons tous les Haïtiens, tous les étrangers ayant une expertise dans ce domaine et qui souhaitent nous soutenir, soutenir la police et l’armée pour débloquer la situation. »
Là encore, est-ce que le fait de faire appel à des mercenaires étrangers pour combattre les gangs améliorera la situation sur place et à quoi sert l’armée et la PNH dans ce cas ? Vu qu’elles manquent cruellement de moyens, de matériels et d’expertise dans une lutte qui pourrait s’apparenter à de la guérilla. Une inquiétude partagée par Rod Joseph qui estime que le recours à des entrepreneurs militaires privés pour combattre les gangs n’améliore en rien les compétences de la police et de l’armée haïtiennes.
Autant de questions légitimes qui n’auront sans doute jamais de réponses.
