Derrière la réussite, un cri de douleur. À l’aube de la sortie de son nouvel album Rémission, Antonny Drew brise le silence. L’artiste, marqué par une enfance sous l’emprise d’un père autoritaire et par une agression sexuelle présumée impliquant Louis Galantine, actuel vice-président du Conseil Départemental de la Guadeloupe, a décidé de porter plainte contre l’élu
Attention : cet article n’a pas pour vocation de porter des accusations ni d’établir un quelconque jugement. Il se fonde sur des témoignages publiés par l’artiste sur ses réseaux sociaux. Conformément au droit français, toute personne mise en cause bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’aucune condamnation n’a été prononcée.
De Montréal à Miami, d’Haïti à sa terre d’origine la Guadeloupe, en passant par La Réunion, Maurice, Madagascar et l’Hexagone, Antonny Drew a fait zouker des milliers de créolophones. Depuis une dizaine d’années, le jeune chanteur séduit par ses mélodies aux sonorités zouk love, compas et RnB aux accents caribéens. Sur YouTube, il cumule près de 180 000 abonnés, certains de ses clips dépassant le million de vues, voire les cinq millions.
Bref, Antonny Drew s’impose comme le crooner de sa génération, à l’image de ses illustres prédécesseurs Patrick Saint-Éloi et Gilles Floro, qui comptent parmi ses références musicales.

Mais derrière le succès, se cache une histoire intime marquée par la souffrance. Dans un post publié sur son compte Facebook, le chanteur et pianiste a choisi de briser le silence. Il y évoque une enfance marquée par le dénigrement paternel, des amnésies protectrices et des blessures profondes qui ont entravé sa créativité. Puis, bien des années plus tard, un souvenir refoulé resurgit : une agression sexuelle qu’il dit avoir subie enfant, et dont il affirme que l’auteur serait un homme politique en poste, identifié par lui comme Louis Galantine, actuel vice-président du Conseil départemental de la Guadeloupe. Les faits se seraient déroulés le 25 décembre 2002 dans un événement à Pointe-à-Pitre.
Antonny Drew raconte également une confrontation récente avec celui qu’il présente comme son agresseur présumé : un homme qu’il décrit comme tremblant, qui aurait tenté d’acheter son silence en lui proposant une forte somme d’argent.
Un témoignage poignant, qui met en lumière les blessures d’un artiste mais aussi les failles d’un système où certains élus peuvent se croire intouchables.
Selon la page Instagram MetooGuadeloupe, qui se présente comme porte-voix de potentielles victimes de viol, d’agressions sexuelles et de harcèlement, d’autres personnes auraient également mis en cause Louis Galantine. Il s’agirait de jeunes hommes qui, pour l’heure, n’oseraient pas témoigner publiquement.

Après avoir fait ses révélations, le crooner guadeloupéen aurait affirmé au journaliste Harold Luce, avoir déposé plainte contre l’élu du Conseil Départemental au commissariat de Levallois le 21 septembre 2025. Pour rappel, en France, le délai de prescription en cas de viol sur mineur est depuis la Loi du 3 août 2018 de trente ans à compter de la majorité de la victime. Antonny Drew est dans les temps pour obtenir réparations si les faits sont avérés.
Le présumé accusé, Louis Galantine n’a, à ce jour, pas réagi publiquement aux accusations relayées sur les réseaux sociaux. Quant au Conseil Départemental, c’est au silence radio.
En attendant les suites judiciaires, Antonny Drew poursuit sa reconstruction à travers la musique. Son prochain album, intitulé « Remission », revêt une portée hautement symbolique : celle d’un combat acharné pour se libérer de l’enfant blessé qui sommeille encore en lui.

Mais qu’est ce qu’ils ont à violé les jeunes garçons ? Je souhaite que Anthony Drew aille jusqu’au bout. Depuis la Martinique je le soutiens. Il essaie d’acheter son silence le malpropre. Pour parvenir à la gloire il détruit la vie d’un garçon. Courage Anthony
Il vaut mieux violer les jeunes filles?