Les Etats-Unis quittent [encore] l’UNESCO.

Les États-Unis ont annoncé, mardi 22 juillet, leur retrait de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Washington base son retrait sur l’entrée « hautement problématique » de la Palestine en tant qu’Etat membre et pointe des « tendances anti-américaines et anti-israéliennes ».  Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis quittent l’Organisation. Déjà sous Ronald Reagan dans les années 1980 et plus récemment sous l’impulsion du président Donald Trump fin 2018, avant d’y revenir en juin 2023, sous son successeur Joe Biden. 

Les États-Unis de Ronald Reagan s’étaient déjà retirés de l’Unesco dans les années 1980. Puis une nouvelle fois en 2017, à la demande de Donald Trump, lors de son premier mandat. Deux fois partis, deux fois revenus. Washington a annoncé mardi qu’ils allaient quitter, une nouvelle fois, l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture. « L’Unesco s’emploie à promouvoir des causes sociales et culturelles clivantes » et défend « une feuille de route idéologique et mondialiste pour le développement international, en contradiction avec notre politique étrangère America First, a expliqué la porte-parole du département d’État, Tammy Bruce, avec des arguments quasi conformes à ceux avancés en 2017. La décision de l’Unesco d’admettre l’État de Palestine comme État membre est hautement problématique, contraire à la politique des États-Unis, et a contribué à la prolifération de discours hostiles à Israël au sein de l’organisation. » Le retrait américain prendra effet le 31 décembre 2026.

Les griefs de l’administration américaine ont été balayés d’un revers de main par la directrice de l’Unesco, Audrey Azoulay. « Les raisons invoquées par les États-Unis sont les mêmes qu’il y a sept ans, alors même que la situation a profondément changé, que les tensions politiques ont reculé et que l’Unesco représente aujourd’hui un rare lieu de consensus pour un multilatéralisme concret et dans l’action, plaide-t-elle. Ces arguments contredisent aussi la réalité des efforts menés par l’Unesco, notamment pour l’enseignement de la Shoah et la lutte contre l’antisémitisme. »

Le « soutien » de la France à l’Unesco

À l’annonce de la décision des États-Unis, Emmanuel Macron a assuré l’Unesco, « protecteur universel de la science, de l’océan, de l’éducation, de la culture et du patrimoine mondial », de son « soutien indéfectible ». « Le retrait des États-Unis ne fera pas faiblir notre engagement aux côtés de celles et ceux qui portent ce combat », a-t-il ajouté sur les réseaux sociaux.

La décision américaine n’est une surprise pour personne car Donald Trump avait expliqué, durant la dernière campagne présidentielle, qu’il entendait retirer son pays de l’organisation. Peu après son retour à la Maison-Blanche, il a, par décret, demandé un examen des engagements du pays dans les instances de l’ONU. Le secrétaire d’État américain Marco Rubioa a été chargé d’évaluer « la manière dont l’Unesco soutient les intérêts des États-Unis et si elle le fait » et de produire « une analyse de tout antisémitisme ou sentiment anti-israélien au sein de l’organisation ». Ses conclusions n’ont pas été rendues publiques mais on en devine les grandes lignes et les enseignements tirés.

Une contribution en baisse depuis 10 ans

Pour l’Unesco, au-delà de la déconvenue diplomatique, le retrait des États-Unis pose un problème économique. Washington reste un de ses lourds contributeurs, même si sa participation n’a cessé de diminuer au fil des années, passant de 20 % du budget avant 2017 à 8 % l’année dernière (sur un total de 1,8 milliard de dollars). Mais l’organisation juge les conséquences sur son fonctionnement seront limitées. « Si regrettable qu’elle soit, cette annonce était attendue et l’Unesco s’y est préparée, a déclaré mardi Audrey Azoulay. Cette décision est contraire aux principes fondamentaux du multilatéralisme, ce dont nos nombreux partenaires aux États-Unis – sites candidats à une inscription au Patrimoine mondial, au statut de ville créative, chaires universitaires – seront les premiers à pâtir. »

Un « biais antiaméricain »

Ce retrait intervient six ans après celui d’Israël de la même organisation. Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a naturellement salué mardi le choix de Washington. « Il s’agit d’une mesure nécessaire, destinée à promouvoir la justice et le droit d’Israël à un traitement équitable au sein du système des Nations unies, un droit qui a souvent été bafoué en raison de la politisation de cette instance », a-t-il expliqué sur les réseaux sociaux. L’automne dernier encore, Audrey Azoulay se montrait raisonnablement optimiste sur un retour de Tel Aviv dans le giron de son organisation. en expliquant que « la place d’Israël  est à l’Unesco ». « Tous les États ont intérêt à être autour de la table. Surtout, s’agissant d’Israël », avait-elle ajouté. Mais c’était avant la réélection de Donald Trump et le retour à un alignement quasi-parfait de Tel Aviv et Washington.

source Le Figaro : Emmanuel Macron assure l’Unesco de son soutien «indéfectible» après le retrait des États-Unis