Haïti : Le FBI met 1 million $ pour capturer Lanmo san jou, chef du gang 400 Mawozo.

Le FBI met 1 million $ pour la capture de Joseph Wilson, alias « Lanmò San Jou », l’un des chefs présumés du redouté gang 400 Mawozo et membre influent de la coalition criminelle Viv Ansanm, est désormais activement recherché par les autorités fédérales américaines. Le criminel haïtien aurait t été impliqué dans le kidnapping des seize missionnaires chrétiens originaire des Etats-Unis et le mission canadien. Un enlèvement survenu le 16 octobre 2021.

S’il y a bien une chose dont on a peur quand on est sur le continent Américain, lorsque l’on s’adonne à des activités criminelles comme le trafic de stupéfiants en bande organisée, le racket ou même des actes violents. Ou quand on est tout simplement à la tête d’un gang réputé pour sa violence, c’est bien l’extradition vers les Etats-Unis. C’est même la hantise des plus puissants chefs de cartel de la drogue que ça soit au Mexique, au Salvador, en Honduras, au Nicaragua, en Colombie, en Equateur. Même les chefs de gangs de la Jamaïque, de Haïti ou de Trinidad préfèrent purger leur peine dans leur pays que de la faire dans une prison de haute sécurité états-uniennes. S’ils sont transférés au pays de l’Oncle Sam, ils savent qu’ils purgeront une peine de prison à vie, sans possibilité de libération. Par ailleurs, contrairement à leurs pays, ils ne bénéficieront d’aucun passe-droit.

Les accords d’extraditions avec les pays d’Amérique latine ont été signés dans les années 1970, au moment de la création de l’autorité de lutte contre la drogue, la DEA (Drug Enforcement administration). Dans le cas du Mexique, des accords d’extraditions ont été signés en 1978, mais les premiers prisonniers extradés ne l’ont été qu’en 1995. Du côté des pays de la Caraïbe, malgré leur proximité avec Washington et leur partenariat avec l’agence anti drogue américaine, ils ont toujours rechigné à envoyer leurs concitoyens purger des peines de prison à perpétuité sans condition de libération. Question de fierté nationale.

Sauf que depuis la fin des années 1990, les extraditions se multiplient. Comme pour les pays latinos, ce changement de position est sans doute lié au fait que les barons de la drogue ont des complices aux plus hauts sommets des Etats. Ils corrompent députés, sénateurs, membres des forces de l’ordre, des avocat, des procureurs voire même des juges. Quand ils n’usent pas de l’argent, comme pour leurs semblables hispanophones, ils utilisent le chantage et la violence. La corruption des fonctionnaires d’Etat faite avec l’argent de la drogue ou des kidnappings est donc chose courante. De plus, même derrière les barreaux, ces criminels d’envergure internationale continuent de gérer leur business et même de commanditer des assassinats ou des enlèvements contre rançon. Bien souvent, ces pays peinent à contenir l’influence des bandes mafieuses.

C’est notamment le cas d’Haïti où depuis plus d’une décennie peine à endiguer la puissance des gangs. Ce qui génère une profonde instabilité sociale, économique et politique. Une situation qui s’est aggravée avec l’assassinat en juillet 2021, du dernier président élu Jovenel Moïse.

Depuis cette date fatidique de l’histoire contemporaine de la Première nation noire indépendante, les bandes armées volent, pillent, violent et tuent quiconque se trouvant sur leur chemin. On sait que ces bandes armées contrôlent environ 80% de la capitale haïtienne et les crimes violents sont fréquents. Face à eux, une police mal équipée, mal entrainée, en sous-effectifs et corrompue. À peine 3.500 policiers sont en service de sécurité publique à tout moment, dans tout le pays. Entre-temps, le recrutement de nouveaux policiers a été interrompu en raison de la détérioration des contraintes sécuritaires et logistiques.

La violence physique et psychologique sur la population grandit à mesure que les groupes armés, initialement liés à des clans politiques, se renforcent grâce aux financements du contrôle des axes principaux, des rançons, et surtout du trafic de drogue, d’autant qu’Haïti est une véritable plaque tournante du trafic de cocaïne produite dans les confins de la Colombie, du Pérou ou de la Bolivie et acheminée vers le marché états-unien. En contrepartie, les gangs Haïtiens devenus un rouage essentiel de ce juteux business reçoivent des armes et des munitions en grande quantité. Ce qui leur confère une puissance de feu supérieure à celle des forces de l’ordre locales.

Longtemps rivales, les bandes armées criminelles se sont unifiées et font régner la terreur dans les territoires qu’elles ont conquis. Même les hôpitaux, les cliniques, les bâtiments officiels et ce qui reste du pouvoir politique haïtien ne sont pas épargnés. Elles empêchent même l’acheminement de l’aide humanitaire ou leurs membres pillent les centres de distribution, entrainant une aggravation de la malnutrition.

Parmi ces groupes armés qui sèment la terreur dans et autour de la capitale, il y a les 400 Mawozo dont leur chef  Germine Joly dit  » Yonyon » a été extradé vers les Etats-Unis en mai 2022. L’homme était accusé d’avoir commandité l’enlèvement de dix-sept missionnaires dont seize de nationalité Etats-Uniennes et un canadien.

Cette fois, les États-Unis, par le biais du FBI et du Département d’État américain, offrent une récompense d’un million de dollars à toute personne disposant d’informations menant à l’arrestation ou à la condamnation du chef de gang des 400 Mawozo, Wilson Joseph, alias “Lanmò San Jou”. Le caïd est activement recherché par les autorités fédérales américaines pour des crimes tels que l’assassinat, les enlèvements, la séquestration contre rançon, l’extorsion, entre autres.

L’avis de recherche a été publié le 18 juillet sur le site de l’ambassade des Etats-Unis en Haïti. Le FBI et le Département d’État offrent une récompense d’un million (1 000 000) de dollars américains à toute personne disposant d’informations menant à son arrestation ou à sa condamnation.

L’avis de recherche indique que Joseph Wilson a été identifié comme l’un des dirigeants qui aurait été impliqué dans le complot du 16 octobre 2021 visant à kidnapper seize missionnaires chrétiens américains et un missionnaire canadien et à les retenir contre rançon. Au moment de leur enlèvement, les victimes circulaient en bus sur une voie publique passant par la Croix-des-Bouquets. Les victimes d’enlèvement du groupe de missionnaires comprenaient 12 adultes âgés de 18 à 48 ans, et 5 enfants âgés de 8 mois, 3, 6, 13 et 15 ans.

Pendant l’enlèvement, Sanjou s’est entretenu avec d’autres chefs du gang des 400 Mawozo, dont le fondateur du gang Joly Germine, où ils se sont mis d’accord sur les conditions de paiement de la rançon. Sanjou a également régulièrement appelé des représentants des otages pour exiger le paiement d’une rançon. En juillet 2022, Sanjou a été inculpé de 16 chefs d’accusation de prise d’otage (un pour chaque citoyen américain victime) et d’un chef d’accusation de complot en vue de commettre une prise d’otage, en violation de la loi 18 U.S.C. 1203(a) et 2.

 Le FBI présente “Lanmò San Jou” comme étant l’un des principaux dirigeants de la coalition de gangs Viv Ansanm, récemment désignée comme Organisation Terroriste Étrangère (FTO). Joseph Wilson a été aussi ajouté à sa liste des fugitifs les plus recherchés, le qualifiant de « menace sérieuse pour la sécurité publique régionale ».

Les autorités fédérales américaines mettent en garde la population haïtienne contre une tactique de propagande utilisée par ce dernier, qui distribue de l’argent à des personnes dans la région de Thomazeau, près de Croix-des-Bouquets. Une partie de la vidéo de cette distribution a été partagée sur TikTok.

Selon elles, il s’agit d’une ruse visant à maintenir le contrôle de la population par la peur et la manipulation.

« Ne vous laissez pas tromper. Cet individu n’est pas un bienfaiteur, c’est un fugitif accusé d’enlèvements, de meurtres, d’extorsion et d’actes terroristes », alertent le FBI et le Département d’État, tout en encourageant quiconque détiendrait des informations pouvant conduire à son arrestation ou à sa condamnation à les contacter immédiatement au numéro suivant : +1-305-495-0956 (par téléphone, SMS ou WhatsApp).