Pour présenter son nouvel album, l’artiste guadeloupéen a choisi une approche originale : embarquer médias, partenaires et proches dans un bus à étage touristique pour un tour de l’archipel placé sous le signe du partage, de la musique et du territoire. Découvrez les coulisses du lancement de « Shatta Hard » avec The Link Fwi.
La sortie d’un album est souvent rythmée par les interviews, les conférences de presse et les opérations promotionnelles classiques. Mais, cette fois, Keros’n a décidé de casser les codes pour présenter son nouveau projet musical.
Tout a commencé par un appel de la chargée de communication pour les relations presse. Au combiné, elle m’énumérait le détail de cette tournée promotionnelle hors du commun. J’étais étonné. C’était bien la première fois que j’entendais une pareil tournée promotionnelle. Sans doute, étais-je trop habitué à la forme classique des tournées des médias effectuées par les artistes ou les personnalités que j’ai reçu dans mon programme » Rencontre avec » disponible sur notre chaîne Youtube.
Ainsi, à l’occasion de la sortie de « Shatta Hard », son nouvel album, l’artiste guadeloupéen a invité plusieurs médias, ses partenaires et des personnalités des réseaux sociaux à vivre une expérience originale et immersive au cœur de son île natale.
Loin des studios et des salles de conférence, c’est à bord d’un bus touristique à étage, Vaïana, que cette journée promotionnelle a pris une dimension particulière. Une manière pour Keros’n de reconnecter sa musique à son territoire, en faisant voyager son public et ses invités à travers les paysages de la Guadeloupe.
Le rendez-vous était donné à Jarry, sur le parking du bar branché et tendance du moment, le Néo Bar. Stationné sur le bas coté de l’axe principal de cette artère très fréquentée de la zone industrielle, il était là, ce gros bus à étage, que l’on peut voir dans les grands métropoles occidentales, notamment à Paris ou à Londres.
Petite parenthèse, Le Vaïana, est devenu l’activité touristiques la plus instagrammable de ces trois dernières années. C’est d’ailleurs lui qui avait transporté le champion du Monde et champion Olympique Teddy Riner, lors de son passage éclair en Guadeloupe après sa victoire au Jeux Olympiques de Paris 2024.
Pour revenir à l’après-midi, le beau temps était lui aussi présent avec un soleil luisant à son point le plus culminant. Signe que ce moment de proximité et de découverte serait placé sous de très bon auspices.
Dehors, comme moi, attendaient une bonne dizaine d’influenceurs-influenceuses et professionnels du digital. Habillés de façon décontractée, souriants et trépignants d’impatience de comprendre ce qui les attendait dans le bus. En somme, de belles âmes réunies autour d’un des chanteurs les plus écoutés de la Guadeloupe.
Néanmoins, ce qui m’intriguait le plus, est le fait que le chanteur originaire de Sainte-Rose, a décidé de changer son registre musical qui a fait son succès, pour du : Shatta. Oui, tu as bien lu. Keros-n est passé du rap-dancehall à la musique populaire du moment en Martinique. Un véritable tournant artistique pour le digne représentant du nord Basse-Terre.

Bien que le départ de cette tournée était prévu pour 14h, c’est à 15h que le bus s’es élancé à travers les axes principaux du poumon économique de l’archipel. Le retard est excusable, le chanteur était en prestation sur l’île soeur et l’avion qui le transportait de la Martinique à la Guadeloupe, avait du retard.
Première destination, Sainte-Rose. La ville de Keros-N. Tout au long du trajet, assis ou débout, nous écoutions les nouveaux titres issus du nouvel album Shatta Hard. Ambiance digne d’une discothèque avec un dj, Dj Dafman, une barmaid épaulées de serveurs pour distribuer des cocktails des cocktails au nom de chaque chanson de l’album.
Fini la surprise, nous avons découvert une autre facette du chanteur saint-rosien. Ainsi, à travers ses morceaux, il mélange énergie, mélodies entraînantes et influences caribéennes, tout en conservant cette signature qui fait son succès auprès du public. A savoir, des textes poétiques, imagés et parfois très explicites.
Pour son nouveau bijou de quatorze titres, il s’est entouré de plusieurs noms de la scène shatta de la Martinique, tels que les beatmakers YouthCrazySquad, les Mikado, Skunk,Dj Glad, Dj Nov, Régi ou encore les artistes J-Kevlar et N’Ken.
Cet album apparaît comme une nouvelle étape dans son parcours, après vingt quatre ans durant lesquelles il a participé à populariser la culture dancehall auprès d’un public toujours plus large.
Arrivé dans sa ville, le chanteur a été rejoins par ses fans, jeunes comme moins jeunes, qui ont tenu à prendre des photos avec lui et le féliciter pour son nouveau projet.

Une promotion pensée comme une expérience
Le choix du bus touristique n’est pas anodin.
En nous faisant voyager à travers la Guadeloupe, Keros’n propose une autre manière de raconter son album : celle d’un artiste profondément attaché à son environnement.
Chaque arrêt devient alors une occasion de rappeler que derrière la musique se trouve aussi une histoire, une culture et un territoire.
Cette initiative illustre une tendance de plus en plus présente dans l’industrie musicale : proposer aux médias et au public une expérience qui dépasse la simple annonce d’une sortie.
D’ailleurs, lors du deuxième arrêt, sur le parking du Mémorial Acte, nous avons été rejoins par l’artiste le plus tendance du moment, 1T1 qu’on ne présente plus. A ce moment précis, il a pris le temps de discuter plus amplement avec nous et a répondu sans phare à nos questions sur les raisons qui l’ont poussé à plonger dans les méandres du Shatta, qui, au passage n’est pas la musique de la Guadeloupe.
» J’ai toujours aimé la musique. Je ne suis pas qu’un artiste dancehall ou rap, je suis musicien. Le shatta commence à être découvert par le monde entier, et je trouvais normal de mettre ma touche à tout ça. De plus, il faut se réinventer. J’ai 24 ans de carrière et selon moi, il ne faut pas rester sur ses acquis. Il faut toujours essayer de conquérir le jeune publique, tout en continuant à s’amuser et à faire ce en quoi je crois. Je suis un lyriciste. J’aime les textes bien écrits, j’aime la poésie et la plume. Pour moi, il n’y a pas de limites et je ne vois pas pourquoi, je ne pourrais pas mettre tout ça sur du shatta. Je me suis lancé ce défi, et je trouve que j’ai bien réussi. Evidemment, je ne veux pas me jetter de fleurs mais j’ai très bien réussi mon entrée dans le shatta. C’est juste ça. » Keros-N.

Keros’n, ambassadeur d’une génération
Le troisième arrêt a été effectué sur le parking du Macdonald’s du Gosier où l’artiste et son équipe nous ont convié à nous restaurer avec quelques menus de la grande enseigne américaine, partenaire de l’événement.
Si je devais donner mon impression personnelle, ce serait la suivante.
Depuis ses débuts, Keros’n occupe une place importante dans le paysage musical guadeloupéen. et même au-delà. À travers son parcours, il incarne cette nouvelle génération d’artistes antillais qui cherchent à faire rayonner nos sonorités au-delà de l’archipel.
Avec « Shatta Hard », il entend une nouvelle fois défendre cette identité musicale antillaise tout en continuant à faire évoluer son univers.
Une chose est certaine : pour lancer ce nouvel album, Keros’n n’a pas simplement organisé une campagne de promotion. Il a créé un moment de rencontre entre sa musique, son public et la Guadeloupe.

