Face à une insécurité grandissante marquée par la circulation d’armes lourdes et l’essor des trafics, les élus guadeloupéens sonnent l’alarme. Dans un courrier solennel adressé aux ministres de l’Intérieur et des Outre-mer, ils exigent un sommet territorial pour coordonner une réponse d’envergure. Cette initiative, portée par le député Christian Baptiste, appelle à l’organisation d’un sommet territorial consacré à la sécurité intérieure.
Depuis le début de l’année 2025, la Guadeloupe est secouée par une vague de violence comme la Martinique et la Guyane. Depuis plus d’une bonne décennie, nos trois régions trônent dans la triste de liste des régions les plus violentes de France. En effet, soixante et un meurtres ont été commis dans les trois territoires depuis janvier 2025. Un chiffre qui illustre bien l’augmentation de la violence aux Antilles-Guyane.
De 2023 à juin 2025, les homicides et tentatives de meurtres ont explosé en Guadeloupe, Martinique et Guyane. Toutefois, c’est la Guadeloupe où l’on observe la plus forte progression des violences.
Avec 33 homicides et déjà 28 à la mi-juin 2025, la Guadeloupe connaît un niveau de violence préoccupant. Les tentatives sont tout aussi nombreuses : 202 en 2024, 111 déjà recensés en 2025. Derrière ces chiffres se cache une réalité glaçante : l’usage massif des armes à feu, notamment dans les règlements de comptes.
Plus de 70% des armes de poing en circulation dans les Antilles françaises proviennent des Etats-Unis, avec un rebond sur les îles avoisinantes. Une autre filière d’armes, qui suit la route de la cocaïne, transite par le Venezuela avant d’atteindre notamment Saint-Vincent les Grenadines, Sainte-Lucie et la Dominique.
Dernier acte en date, le samedi 12 juillet 2025, une double tentative d’homicide par armes à feu a été commise dans la commune de Petit-Bourg. Deux hommes ont été la cible d’un individu armé qui est apparu sur eux dans la pénombre. L’un des hommes a été touché au bras, tandis que l’autre a reçu une balle dans les fesses.

Face à toute cette violence qui gangrène la société guadeloupéenne, tant dans la rue que dans les écoles et les foyers, les parlementaires et les maires de Guadeloupe ont décidé d’unir leurs forces en cosignant un courrier adressé aux ministres de l’intérieur et des Outre-mer. Le but : organiser un sommet territorial dédié à la sécurité intérieure avant d’atteindre le point de non-retour.
Selon eux, ces phénomènes traduisent non plus une série de faits isolés, mais un affaiblissement structurel de l’autorité républicaine dans l’archipel.
Le courrier met en avant la position géographique de la Guadeloupe, considérée comme un point d’entrée stratégique pour les flux illicites dans la région caribéenne. Les élus alertent sur les conséquences de cette situation : désorganisation des services publics, tensions sociales, et sentiment d’abandon chez une partie de la population.
A travers ce sommet, ils veulent :
– Établir un diagnostic précis des failles sécuritaires.
– Proposer des solutions durables pour endiguer les trafics et restaurer l’ordre public.
Les signataires insistent sur la nécessité d’une présence régalienne « ferme mais respectueuse », ancrée dans les réalités locales.
Lors des questions au gouvernement mercredi 9 juillet, la sénatrice guadeloupéenne Solanges Nadille avait déjà demandé des mesures concrètes de la part du gouvernement pour endiguer la violence en Guadeloupe. Le ministre de l’Intérieur avait alors assuré que le dispositif de sécurité y serait renforcé et avait annoncé sa visite en août aux Antilles.
La demande de la tenue de ce sommet a été formulée officiellement le 10 juillet 2025, et les élus attendent désormais une réponse des autorités ministérielles. Comme le résume un élu local : « La paix sociale ne se décrète pas, elle se construit. »
Source : Guadeloupe 1ère, Outremer 360, France-Antilles Guadeloupe
