Jennifer Geerlings-Simons, première femme présidente de l’histoire du Suriname.

Dimanche, Jennifer Geerlings-Simons, 71 ans, a été élue première femme présidente du Suriname par les députés. Son parti a remporté le plus grand nombre de sièges aux élections législatives de mai et formé une alliance afin d’obtenir la majorité nécessaire pour accéder à la présidence. Première femme à accéder à la fonction suprême, la nouvelle cheffe de l’Etat a dit vouloir faire profiter le plus grand nombre des richesses du pays, dont des gisements de pétrole découverts récemment.

Les électeurs du Suriname se sont rendus aux urnes dimanche 25 mai pour élire un nouveau Parlement, chargé ensuite de voter pour le président. 

Le parti de Geerlings-Simons, le Parti National Démocratique (NDP), avait obtenu 18 des 51 sièges lors des élections législatives du 25 mai et a formé une alliance avec cinq petits partis, ce qui lui a permis d’obtenir la majorité des deux tiers nécessaires pour accéder à la présidence.

Jennifer Geerlings-Simons aux parlementaires. 

Le NDP est le parti de l’ancien dirigeant Desi Bouterse, qui a dirigé le pays d’une main de fer après un coup d’État en 1980, puis démocratiquement entre 2010 et 2020. Sous son mandat, le Suriname était considéré comme un narco-État. Condamné aux Pays-Bas pour trafic de cocaïne et au Suriname pour le meurtre d’opposants en 1982 lorsqu’il était chef de la junte, Desi Bouterse est décédé en décembre dans la clandestinité.

Jennifer Geerlings-Simons devient présidente du Suriname, la première femme à ce poste / Le Journal horaire / 23 sec. / dimanche à 22:02

Réserves pétrolières découvertes :

Le Suriname, une ancienne colonie néerlandaise minée depuis son indépendance en 1975 par des rébellions et des coups d’Etat, dispose d’importantes réserves pétrolières offshore, découvertes récemment. Elles devraient offrir au pays, où 20 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, des revenus financiers inédits à partir de 2028, quand débutera l’exploitation d’un bloc offshore d’une production estimée à 220 000 barils par jour.

Durant la campagne, Jennifer Geerlings-Simons, ex-présidente de l’Assemblée nationale, avait dit vouloir « être au pouvoir pour (s)’assurer que la population bénéficie réellement » des revenus attendus du pétrole en « établissant une loi selon laquelle toutes les entreprises devront travailler avec des Surinamais et acheter des produits du Suriname ».

Son investiture est prévue le 16 juillet, lorsque le mandat de cinq ans du président Chan Santokhi prendra fin. Le parti de ce dernier, le Parti progressiste de la réforme (VHP), qui a obtenu 17 sièges, avait annoncé cette semaine avoir décidé de ne pas présenter de candidats aux postes de président et de vice-président. « Nous sommes sortis des élections en tant que deuxième parti le plus important mais nous devons conclure que, dans les circonstances actuelles, cela ne fournit pas un mandat viable pour assumer des responsabilités gouvernementales », avait-il avancé.