« Oropouche », ce nouveau virus qui inquiète les autorités sanitaires aux Antilles-Guyane

Fièvre, frissons, maux de tête sévères, douleurs musculaires et articulaires, nausées, vomissements, éruptions cutanées sont les symptômes causés par ce nouveau virus d’ »Oropouche » activement en Amérique du Sud et dans la Caraïbe. Selon Santé publique France, le risque d’émergence est désormais élevé en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane.

Après la dengue ou le chikungunya, c’est un nouveau virus transmis par des insectes qui inquiète les autorités sanitaires : le virus Oropouche. Loin d’être inconnue la maladie à virus Oropouche était la deuxième maladie arbovirale la plus fréquente en Amérique du Sud (après la dengue) avant l’émergence des virus Chikungunya et Zika en 2013 et 2015.

Le virus Oropouche est un virus à ARN simple brin segmenté appartenant à la famille des Peribunyaviridae, genre Orthobunyavirus, qui a été identifié pour la première fois en 1955 à Vega de Oropouche (Trinité-et-Tobago). Il s’agit donc d’un arbovirus, un virus transmis par des arthropodes.

Avant la fin de 2023, des cas de maladie à virus Oropouche ont été signalés au Brésil, en Bolivie, en Colombie, en Équateur, en Haïti, au Panama, au Pérou, à Trinité-et-Tobago, en Guyane française et au Venezuela, à proximité de la forêt amazonienne pour la plupart. Cependant, depuis décembre 2023, on a constaté une augmentation du nombre de cas signalés, y compris dans des zones où la transmission n’avait pas été établie auparavant.

Selon l’OMS, le virus est transmis à l’être humain par la piqûre d’un insecte infecté, généralement des moucherons piqueurs, mais aussi éventuellement par des moustiques. Cependant, depuis décembre 2023, des cas ont été détectés dans d’autres zones et ils sont plus graves. En 2024, les informations disponibles font état d’épidémies dans des zones non endémiques, de deux cas mortels pour lesquels l’infection a été confirmée et de la possibilité que les mères transmettent la maladie à leurs bébés pendant la grossesse.

L’homme redevenu nomade du fait de la démocratisation des voyages, le moustique ne s’est pas uniquement cantonné à l’Amérique du Sud, en 2024, des cas de maladie à virus Oropouche transmis localement ont été signalés dans sept pays d’Amérique latine et des Caraïbes : Brésil, Bolivie, Colombie, Cuba, Guyana, Pérou et République dominicain. De plus, des cas de maladie à virus Oropouche ont été notifiés aux États-Unis, au Canada, en Espagne, en Italie et en Allemagne chez des voyageurs revenant de pays où la transmission locale était présente.

Symptômes

La période d’incubation (le temps entre la piqûre d’un insecte infecté et les premiers symptômes) du virus Oropouche est généralement de 3 à 10 jours. Les symptômes de la maladie sont notamment la fièvre, les maux de tête, les douleurs articulaires (arthralgie), les douleurs musculaires (myalgie), les frissons, les nausées, les vomissements et les éruptions cutanées.

Dans la plupart des cas, les malades se rétablissent complètement dans les 7 jours suivant l’apparition des symptômes. Cependant, la convalescence peut prendre des semaines chez certains patients ou patientes, et des complications graves comme la méningite aseptique peuvent parfois survenir. Alors qu’aucun décès dû à l’infection par le virus Oropouche n’avait été décrit auparavant, en 2024, deux décès ont été signalés chez de jeunes adultes auparavant en bonne santé atteints de l’infection.

Virus Oropouche : un risque d’épidémie en Guadeloupe, Martinique et Guyane

Selon Santé publique France, aujourd’hui, le risque d’épidémie semble élever pour la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane.

Il n’existe pas de vaccin contre la maladie à virus Oropouche. La lutte antivectorielle et les mesures de protection individuelle sont essentielles pour réduire la propagation du virus.

Les moustiquaires standard sont moins efficaces contre les moucherons piqueurs, car en raison de leur petite taille, ces insectes peuvent passer à travers les mailles de la moustiquaire. En revanche, l’efficacité des moustiquaires à mailles fines et des insecticides chimiques utilisés en pulvérisation rémanente sur les murs intérieurs et extérieurs des locaux infestés est réelle.

Des mesures de protection individuelle, telles que le port de vêtements de protection et l’utilisation de répulsifs contenant du DEET, de l’IR3535 ou de l’icaridine, sont recommandées pour minimiser le risque d’infection. 

A ce titre, Santé publique France souligne donc la nécessité d’un renforcement rapide des mesures de prévention :

  • Mener des enquêtes entomologiques et épidémiologiques sur le terrain.
  • Augmenter les capacités de diagnostic et de surveillance,
  • Déployer des systèmes d’alerte précoce,
  • Mettre en place des actions de protection individuelle et collective contre les moucherons,