De Lagos à Cannes, puis à la Guadeloupe : le voyage cinématographique d’Akinola Davies Jr 

De Lagos à Cannes, puis à la Guadeloupe : le voyage cinématographique d’Akinola Davies Jr. Photo : ELMS Photography ( Emrick LEANDRE)

Le réalisateur nigérian-britannique Akinola Davies Jr, lauréat du Grand Prix du Jury du Festival de Sundance 2021 pour son court-métrage Lizard et premier cinéaste nigérian sélectionné au Festival de Cannes 2025 avec My Father’s Shadow, était récemment en Guadeloupe à l’occasion du Festival Monde en Vues. Dans cet entretien exclusif, il revient sur son parcours international, sa vision du cinéma africain contemporain, et l’importance de raconter des histoires ancrées dans la culture, la mémoire et les identités africaines.

Depuis plus de trente ans, le Nigéria s’impose comme l’un des plus gros acteurs de la scène mondiale. Le gigantesque pays d’Afrique de l’Ouest extrêmement riche en pétrole et autres matières premières, est même devenu le pays le plus riche et le plus puissant de l’ensemble du continent africain, dépassant au passage, la puissance sud-africaine, l’Egypte, l’Angola et l’Ethiopie.  

En effet, il est fini le temps des troubles politiques, des dictatures militaires et des guerres civiles ethniques. Le Nigéria compte et entend donner de la voix tant sur les scènes diplomatiques, économiques et culturelles.  

Loin de miser uniquement sur l’industrialisation avec l’extraction du pétrole en tête de pont, la grande nation africaine où cohabitent trois cent soixante et one groupes ethniques s’est lancée dans un soft power ingénieux qui a commencé dès la fin des années 1970 avec comme plus grand ambassadeur Fela Cuti. Aujourd’hui, ils sont nombreux à avoir suivi les traces de cette légende de la musique africaine et mondiale. On pense incontestablement à Burna Boy, Wizkid, Davido, Rema, Ayra Starr mais surtout Yemi Alade et Tiwa Savage qui font vibrer la planète entière avec des titres endiablés, ancrés dans la plus pure rythmique afrobeat.  

Loin de se cantonner uniquement à la musique, le Nigéria et sa capitale Lagos sont devenus l’épicentre d’un cinéma émergent à portée globale, Nollywood. Apparu entre la fin des années 1980 et le début des années 1990 dans les quartiers pauvres de l’ancienne capitale, Lagos.  

Tout est parti d’un projet personnel, “ Living in bondage” réalisé par Chris Obi Rapu en 1992 et qui est considéré comme la première production cinématographique nigériane. Depuis, Nollywood produit entre 1 000 et 2 500 films par an, souvent tournés avec des budgets modestes et des délais très courts. C’est la Méconnu en Occident pendant plusieurs décennies, hormis dans les diasporas africaines où il a toujours été très populaire, le cinéma nigérian a la côte. Ce n’est que très récemment qu’il bénéficie d’un engouement mondial et ce grâce à des plateformes comme Youtube, Netflix, Amazon Prime ou Showmax qui investissent massivement dans ces productions et les diffusent globalement. Deuxième employeur du Nigéria après l’agriculture, l’industrie cinématographique est la vitrine de la jeune nation africaine. Depuis bientôt deux décennies, Nollywood est le deuxième cinéma du Monde, juste après Bollywood, et même avant le cinéma chinois et Hollywood aux USA. A l’image de la musique, le cinéma a ses stars qui déplacent les foules. On peut citer : Miracle Chidi Dike, Ray Emodi, Frederick Nnaemeka Leonard, Ikenna Bryan Okwara, Rita Dominic et Genevieve Nnaji.  

D’ailleurs, une nouvelle génération de cinéastes, à l’image d’Akinola Davies Jr, cherche aujourd’hui à faire évoluer Nollywood vers un cinéma d’auteur plus international, sans pour autant renier ses racines populaires.  Formé entre Londres et Lagos, Akinola Davies Jr a grandi entre deux mondes. Une double identité qu’il revendique aujourd’hui comme une richesse, et non plus comme une tare une dualité qu’il a su transcender en source d’inspiration pour créer des œuvres qui résonnent bien au-delà des frontières africaines. 

Révélé au grand public avec son court-métrage Lizard, couronné du Grand Prix du Jury au Festival de Sundance en 2021, il s’est imposé comme l’une des voix les plus singulières du cinéma africain contemporain. Avec My Father’s Shadow, son dernier film, il franchit une nouvelle étape en devenant le premier réalisateur nigérian sélectionné au Festival de Cannes 2025. À ce propos, le réalisateur nigérian-britannique était de passage en Guadeloupe pour le Festival Monde en Vues.

C’est dans le jardin luxuriant de la Villa Guacana, au Gosier, que le cinéaste nous a reçus. Une rencontre dans une atmosphère à la fois paisible et vibrante, avec pour toile de fond une piscine à débordement dominant l’île du Gosier et la large baie de Pointe-à-Pitre, là où le ciel et la mer se confondent. 

Akinola Davies Jr bonjour, merci de nous recevoir dans cette belle villa. C’est un véritable honneur pour moi de te rencontrer et de te poser des questions sur ta carrière de réalisateur. Déjà pourrais-tu te présenter à nos téléspectateurs et téléspectatrices. Qui es-tu ? 

Tu es l’un des invités d’honneur de  la 12e édition du Festival Monde en vues qui a lieu ici. Etait-ce important pour toi d’y être ? 

Akinola Davies Jr : oui, je tenais à être présent, ici, en Guadeloupe, car tout ce que je fais à travers mon travail, mes courts métrages et même qui je suis, a une visée panafricaniste. Du coup, pour moi, il est important que nous, Africains ainsi que les membres de la diaspora, à travers la Caraïbe, l’Amérique du Sud et même en Europe que l’on s’affirme et que l’on raconte notre propre histoire. De plus,  selon moi, c’est important de faire preuve de solidarité entre nous. Par ailleurs, c’est important d’initier le dialogue afin de penser un futur commun, afin que nous soyons les garants de notre propre histoire. 

Tu dois sans doute le savoir, depuis sa création, le Festival Monde en vues est centré sur la promotion des Droits Humains. Qu’est-ce que cela signifie pour toi ( les Droits Humains) ? 

Akinola Davies Jr : Alors par Droits Humains, je pense à la dignité, au respect de l’humanité de tout un chacun. C’est très important d’en parler, notamment avec tout ce qui se passe aujourd’hui. Nous nous sentons tous concernés par le respect des Droits Humains à travers le Monde. Selon moi, recentré ce droit ( Droit Humain) au centre des préoccupations est nécessaire afin de toujours y croire. Aujourd’hui et bien plus encore, des festivals tels que Monde en vues focalisés sur les Droits Humains ont leur importance. Puis, c’est un droit  que nous désirons tous.  

De Lagos à Cannes, puis à la Guadeloupe : le voyage cinématographique d’Akinola Davies Jr. Photo : ELMS Photography ( Emrick LEANDRE)

Tu es né à Londres mais tu as grandi à Lagos, au Nigéria. Était-ce difficile pour toi, d’avoir cette double culture, britannique et nigériane ? 

Akinola Davies Jr : Quand j’y pense pas du tout. Cela n’a pas été facile pour moi. Comme tu l’as mentionné, je suis à Londres au Royaume-Uni mais enfant j’ai grandi au Nigéria. Je savais que j’avais le passeport britannique. Cependant, quand tu grandis au Nigéria, tu ne vois pas de différences avec les autres. Par la suite, lorsque je suis retourné vivre au Royaume-Uni pour le reste de ma scolarité, les gens ne me ressemblaient pas surtout que j’ai été à l’école en campagne. C’est à cette période que j’ai dû construire mon identité. Au Nigéria, je n’avais pas conscience de cette identité parce que tout le monde est noir. Tout le monde se ressemble. Ainsi, durant mon adolescence et jusqu’à la vingtaine, je me questionnais sur mon identité, j’essayais d’en savoir plus. Puis, après avoir passé un temps au Royaume-Uni et notamment à Londres, je suis retourné au Nigéria. là-bas, les gens me disaient que je n’étais pas du pays, que j’étais Britannique. 

Tu parles sérieusement ?  

Akinola Davies Jr : je parle sérieusement. Il y a des situations, des remarques quand j’étais au Nigéria, il y a eu des gens qui me faisaient comprendre que je n’étais pas du pays et que j’étais Nigérian, tandis que lorsque j’étais au Royaume-Uni, j’ai eu droit à des remarques sur le fait que je n’étais pas totalement Britannique. J’ai vécu cela toute ma vie et je crois que c’est la raison pour laquelle j’ai commencé à faire des films. Je voulais revendiquer mon identité. En même temps, personne ne le fera hormis toi-même, tu es dans cet entre deux mondes que tu dois malheureusement accepter afin d’avoir une meilleure compréhension de ce que cela représente pour toi. 

Samedi soir a eu lieu l’ouverture du Festival Monde en vues au Mémorial Acte le public Guadeloupéen a pu voir ton premier chef d’oeuvre, ton court métrage “ Lizard”qui a été lauréat au Festival Sundance en 2021, très récemment, c’est ton premier long Métrage “ My Father’s Shadow” qui a été sélectionné au Festival de Cannes comment ton travail a t-il évolué entre ces deux événements marquants de ta carrière tant émotionnellement que techniquement ?  Puis, est-ce que tu t’attendais à un tel succès mondial ? 

Akinola Davies Jr : Premièrement, je dirais qu’à travers mon parcours, mon travail m’a conforté dans mon choix de continuer à raconter des histoires axées sur les noirs. De plus, cela m’a conforté dans l’envie de toujours travailler avec des noirs et des acteurs noirs talentueux. Par exemple, pour Lizard, j’ai travaillé avec un metteur en scène qui est originaire d’Antigua. Alors que pour “ My Fathers’ shadow” j’ai collaboré avec un metteur en scène de la Jamaïque. D’ailleurs, auparavant, je n’avais jamais noté cela.  C’est depuis que je suis à Monde en vues que je fais le constat que la Caraïbe a une grande place dans mon travail. D’autre part, j’ai compris que quand tu collabores avec des personnes investies ou qui sont issues de la communauté, le travail est plus agréable car elles y prennent plaisir. Techniquement parlant, ce fut une grande première pas que pour moi. donc une volonté d’accroître les expériences. Par exemple, “ My Father’s Shadow” a été le premier long métrage de mon metteur en scène pourtant, il est dans l’industrie du cinéma depuis des années mais personne ne lui donnait cette occasion de le faire. Maintenant, les gens parlent de la cinématographie du film. 

Il était important pour moi, aussi bien spirituellement, que techniquement qu’émotionnellement de parler mais aussi de renforcer mon engagement au sein dema communauté en matière de storytelling. Pour ce qui est du succès vu que c’est la deuxième question,  tu ne peux jamais imaginer le degré de succès de quelque chose. Mais selon moi, le plus important est de savoir comment nous nous mettons tous ensemble pour créer cette histoire.  

De plus,  si nous racontons des histoires,  il faut qu’elles soient empreintes  d’honnêteté et humanité pour parler des Droits Humains, qui sont universels. Après, pour moi, que le succès soit présent ou pas, ou que le film soit bon ou pas. C’est d’ailleurs le moins important à mes yeux. Ce qui est important pour moi est de montrer la réalité de ce qu’est être une personne noire. De ce qu’être un Africain. Je veux aussi être quelqu’un qui montre la dignité de ma communauté et ce peu importe les histoires que je raconte dans mes films. 

Est-ce que ton premier court métrage “ Lizard est une représentation de la société nigérianne ou une critique ? Parce que lorsque je l’on regarde, on a pu voir l’impact des églises évangéliques sur la société, la pauvreté et la violence, parce que Lagos est quand même l’une des villes les plus violentes du Monde. Est-ce que l’on se trompe ? 

Akinola Davies Jr : Je dirais qu’il y a une idée fausse quand on dit que Lagos est parmi les villes les plus violentes du Monde.  Je ne crois pas que ça soit vrai. Pour moi c’est même un biais colonial trop répandu. Pour moi Lagos a les mêmes problèmes que n’importe quelle Métropole qui n’a pas les infrastructures suffisantes pour accueillir une telle population, donc, il y aura toujours des tensions mais je ne crois pas que Lagos soit si dangereuse que cela alors qu’il y a d’autres endroits qui sont bien plus violents. Au contraire, Lagos est un endroit magnifique, certes emplis de contrastes. D’autre part quand tu me demandes si “ Lizard ” est une critique ? Pour dire vrai, c’est à la fois une critique mais je mêle aussi mon expérience personnelle à Lagos. Le Nigéria est un pays où extrême pauvreté et extrême richesse se côtoient. Raison pour laquelle il y a tant de tensions. “ Lizard ” est avant tout un questionnement sur pourquoi toutes ces choses arrivent ? C’est même une allégorie de ces deux oppositions avec toujours quelque chose au milieu : l’humanité. Fondamentalement, “ Lizard” est une allégorie de l’humanité à travers les personnages.  

Dans une très récente interview, tu disais que tu voulais être monteur vidéo. Mais aujourd’hui, tu es réalisateur. Comment et pourquoi as-tu changé d’idée ? 

Akinola Davies Jr : il est vrai qu’à mes débuts, je voulais être monteur vidéo parce que je voulais participer au processus de création d’un film communautaire. Par ailleurs, la seule personne que je connaissais et qui était dans le milieu était l’ami de mon père. Il était monteur. Étant jeune, je trouvais que sa vie était incroyable et je me suis dit que j’allais faire comme lui. Cependant, quand j’ai été dans l’industrie( du film) j’ai pris conscience que je voulais être en contact avec les gens et le montage vidéo t’éloigne des autres. Par la suite, j’ai travaillé dans différents départements du cinéma, costumes, caméraman, assistant caméraman et à chaque fois les gens me disaient que j’avais plus une personnalité à diriger un tournage. Il faut dire aussi que j’encourageais toujours ceux qui travaillaient avec moi et ils me disaient toujours que je devrais réaliser mon propre film. Ils disaient que j’avais de bonnes idées et il serait temps que j’arrête de compter sur quelqu’un pour leur donner vie. De plus, mon frère m’a aussi encouragé, c’est donc comme cela que je suis devenu réalisateur et que les choses ont évolué naturellement au sens technique.  

De Lagos à Cannes, puis à la Guadeloupe : le voyage cinématographique d’Akinola Davies Jr. Photo : ELMS Photography ( Emrick LEANDRE)

“ My Father’s Shadow” que tu as co-écrit avec ton frère est ton premier long métrage. C’est aussi le premier film nigérian à avoir été sélectionné à Cannes. Es-tu conscient de l’impact d’une telle reconnaissance pour ta carrière et pour ton pays ?  

Akinola Davies Jr : “ My Fathers’Shadow “ est le tout premier film nigérian dans la  sélection officielle du Festival de Cannes. Il y a déjà eu des films nigérians mais ils ne sont jamais apparus dans la sélection officielle. C’est donc le tout premier film nigérian a y figurer. Les retours sont plutôt positifs. Très récemment, nous l’avons diffusé au Nigéria, c’était magique car au pays, pour de nombreuses personnes, ce film n’est pas seulement un film dramatique familial, c’est également un film politique dramatique, puisqu’il évoque un chapitre de l’histoire du Nigéria que beaucoup de gens méconnaissent, l’époque de la dictature militaire. Elle n’a jamais été enseignée. D’ailleurs, une bonne partie de notre histoire ne nous est pas enseignée. On sait beaucoup sur l’histoire européenne et britannique mais par exemple, nous ne connaissons même pas notre contribution durant la Première et la Deuxième Guerre Mondiale, alors que le Nigéria a beaucoup contribué à l’effort de guerre du côté britannique.  

En termes d’impact, le Nigéria a une magnifique industrie cinématographique nommée Nollywood qui la 3e plus grande industrie du cinéma au Monde. Néanmoins, il manque de collaborations internationales. Selon moi, nos histoires pourraient aller plus loin puisqu’au final Nollywood ne touche que les Nigérians et le reste du continent africain. Pour revenir à mon film, son succès est le résultat de cette collaboration internationale qui se fait lentement. J’espère donc que ce premier succès, inspirera d’autres réalisateurs nigérians à raconter des histoires similaires. En outre, j’espère aussi que le Monde s’intéressera plus à notre littérature, à nos écrivains, à nos journalistes et à toutes ces personnes qui sont aussi derrière des histoires géniales. 

Tu es un des représentants de cette nouvelle génération de cinéastes africains. Quel serait ton souhait pour les prochaines décennies concernant le cinéma nigérian et africain tant sur plan économique, artistique et politique ?  

Akinola Davies Jr : C’est une très bonne question, merci de la poser. Mon rêve et mon espoir pour le cinéma est le même que ma présence au Festival Monde en Vues. J’aurais voulu qu’il y ait plus de collaborations déjà à travers le continent ainsi qu’avec la diaspora. Selon moi c’est important que nous investissions entre nous, que nous visitions nos pays ou que nous nous rendions dans nos différents festivals et que nous diffusions nos films dans nos pays respectifs. C’est même impératif que nous le fassions afin que nous nous comprenions mutuellement et que nous connaissions nos histoires respectives. Il faut que nous nous soutenions et que nous apprenions de nous. Pendant que nous discutons, je pense à la mobilité. Il est encore très difficile de voyager entre pays africains ou vers les pays accueillant la diaspora.  

Je pensais que c’était plus simple sur le continent ?  

Akinola Davies Jr : Non, c’est très difficile. Par exemple, si je veux aller à Dakar au Sénégal, soit je passe par Paris ou même par Dubaï…  

Pour aller du Nigéria au Sénégal ? 

Akinola Davies Jr : Oui. C’est pareil si je veux me rendre au Congo RDC. 

Il n’y aucun vol direct entre les pays ?  

Akinola Davies Jr : Malheureusement, non. Alors que c’est important que nous ayons cette capacité de bouger aussi bien physiquement qu’artistiquement. C’est également important que nous soyons unis dans nos Festivals, dans nos histoires, dans nos collaborations communes. J’espère donc qu’il y aura plus de collaborations entre les équipes de tournage de la Caraïbe et d’Afrique mais également plus de financement pour cela se fasse car, je trouve quand nous nous recentrons on grandit en tant que peuple, c’est d’ailleurs ce que font les autres communautés avec leurs films. Pour moi, plus qu’on le fera, plus que nos films, nos réalisateurs, nos talents seront reconnus par l’industrie mondiale du film. 

De Lagos à Cannes, puis à la Guadeloupe : le voyage cinématographique d’Akinola Davies Jr. Photo : ELMS Photography ( Emrick LEANDRE)

Si tu devais donner quelques conseils à un jeune de Guadeloupe ou d’ailleurs qui rêvent de suivre tes pas quels seraient-ils ? 

Akinola Davies Jr : Encore une bonne question. Je luis dirais qu’il y a deux choses importantes. La première, ne sois pas intimidé par le fait que tu n’aies pas énormément de moyens dès que tu as un smartphone tu as une caméra, et tu peux commencer à tourner un film. D’autre part, selon moi la chose primordiale est d’avoir l’idée. Dès que tu l’as, tu peux tourner même avec un smartphone. Il est vrai que plus que tu as un bon matériel mieux c’est. Cependant, ne te mets pas la pression sur le fait de ne pas avoir du très bon matériel,car tu devrais t’inquiéter de ne pas avoir l’idée. Comme je le disais, tout commence avec une idée et avec ton smartphone tu peux filmer tes amis, tes proches des membres de ta communauté. Raconte leurs histoires, car cela pourrait être un lieu approprié pour toi de le faire.  

Deuxièmement, je lui dirais qu’il devrait faire des films axés sur sa communauté. Aujourd’hui, tout le monde veut faire des films d’action ou des comédies ou des films romantiques mais si tu es en Guadeloupe, je veux voir à l’écran l’histoire de jeunes Guadeloupéens. Je veux savoir comment ils vivent où ils vont dancer le bouyon ou le shatta.  

Tu connais ces danses ? (rires)  

Akinola Davies Jr : oui, je connais un peu (rires). Justement, je veux savoir d’où ça vient, comment cette musique met dans l’ambiance. Je suis curieux de connaître les raisons qui motivent les gens à la faire. Pour moi, ce serait même excitant d’en savoir plus sur les Guadeloupéens et tout ce qui fait la communauté. Pour poursuivre mon idée, c’est intéressant tout ce qui se fait autour des idées de Fanon mais il faudrait plus de productions dessus. On en sait beaucoup plus sur l’histoire des blancs, leurs cultures, leur histoire et tout ce qui en attrait. Néanmoins, nous devons apprendre plus sur notre histoire et notre culture. Du coup, pour moi un réalisateur devrait s’insérer dans sa communauté.  

Akinola Davies Jr merci tes réponses. 

Akinola Davies Jr : C’est moi qui te remercie.