Entre braquages, violences volontaires, homicides et trafic de stupéfiants, la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique figurent désormais parmi les départements les plus violents de France. Selon le bilan 2024 de l’insécurité et de la délinquance, ces territoires ultramarins arrivent tristement en tête des classements concernant les tentatives d’homicide et les vols à main armée. Des chiffres qui révèlent une réalité alarmante : nos régions cumulent les indicateurs les plus critiques de tout l’Hexagone.
Ah, les Outre-mer… leurs plages idylliques, leurs rivières sauvages, leurs paysages luxuriants et leur biodiversité exceptionnelle. Ces fragments de France dispersés dans l’Atlantique et l’Amazonie ressemblent à des paradis tropicaux.
Mais derrière cette carte postale, une tout autre réalité s’impose : la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane figurent parmi les territoires les plus violents de France. Les taux d’homicides, d’agressions volontaires et d’atteintes aux personnes y dépassent largement la moyenne nationale. Braquages, règlements de compte, violences liées aux trafics… dans ces régions trop souvent délaissées par Paris, la violence fait désormais partie du quotidien.
Et les chiffres 2025 sont alarmants : 47 homicides en Guadeloupe, 29 en Martinique, une trentaine en Guyane. Une explosion des crimes, majoritairement commis avec des armes à feu venues de l’étranger.
Deux routes principales alimentent ces arsenaux clandestins :
- L’Amérique latine, via la Colombie ou le Venezuela, dont les façades maritimes donnent directement sur l’arc caraïbe.
- Haïti, devenue une véritable plaque tournante des armes et de la cocaïne. Le pays, ravagé par les affrontements entre gangs lourdement armés, forces gouvernementales, mercenaires et mission internationale, échange la drogue contre des armes de guerre qui circulent ensuite dans toute la région — jusqu’en Guadeloupe et en Martinique.
Sur place, les autorités multiplient les opérations. Les saisies s’enchaînent, et les calibres retrouvés sont chaque fois plus dévastateurs. Selon Louisy Berté, secrétaire territorial adjoint d’Alliance Police Nationale en Martinique, 80 % des armes en circulation sont des armes de poing. Un système de location « à la journée » s’est développé, ciblant principalement les jeunes de 14 à 25 ans, qui représentent 80 % des porteurs d’armes. Certains mineurs seraient même instrumentalisés pour commettre des crimes, dans l’espoir d’échapper à des peines lourdes. De fait, la jeunesse est la première victime de ces violences armées:
Très récemment, en Guadeloupe, la gendarmerie est tombée sur un véritable arsenal dans un des quartiers les plus chauds de la petit commune du sud Basse-Terre. Selon nos confrères de Guadeloupe 1ère, tout a commencé le 8 août dernier peu après 21h00 à la résidence Iguane à Petit Bourg quand un groupe de jeunes s’éparpille à la vue d’une patrouille de la gendarmerie. Dans leur fuite, ils oublient une sacoche de marque Gucci dans laquelle les militaires vont découvrir un Glock 27 chambré en calibre 40, un pistolet PF 940C, modifié pour tirer en rafale, et les pièces d’identité d’un certain Luidgy Grillon. L’homme est défavorablement connu des services de police. Son casier judiciaire ne compte pas moins de 15 mentions. Co-saisies, la brigade et la section de recherches de Pointe-à-Pitre vont lors déployer les grands moyens, écoutes téléphoniques, géolocalisation et drone. L’analyse des éléments saisis va permettre d’identifier trois profils génétiques. 3 hommes vont être interpellés au petit matin du 15 octobre par l’antenne du GIGN et placés en garde à vue. La perquisition du domicile de 2 d’entre eux va permettre la découverte d’un véritable arsenal, un AR 15, un chargeur camembert de 100 cartouches compatible avec le fusil d’assaut, un Taurus calibre 45, un Canik calibre 9 mm, un fusil de chasse, près de 150 munitions diverses, une visée laser et 7 téléphones portables. Les deux mis en cause ont été déférés devant le Parquet de Pointe-à-Pitre en comparution immédiat pour détention d’armes de catégorie A, B et C. Ils purgent une peine de 6 ans et 5 ans.
On peut évoquer l’affaire du 12 mai 2025 à Fort-de-France, où en cette journée de dimanche, vers 7 heures, trois hommes d’une trentaine d’années ont été abattus, alors qu’ils sortaient d’un établissement de nuit situé à proximité du lieu où les corps ont été découverts. Les trois victimes auraient été attendues par un ou plusieurs individus, puis une altercation aurait éclaté. Faute de parvenir à un accord, la situation aurait dégénéré ; l’auteur ou les auteurs présumés auraient ouvert le feu ou seraient revenus armés. Bien que les versions diverges, les témoins parlent d’une ou plusieurs rafales tirées à bout portant, sans aucune chance laissée aux victimes. Les enquêteurs de la criminel et de la scientifique retrouveront au sol soixante douilles de gros calibres.
Le 4 juin 2025, au Lamentin en Guadeloupe, un mineur de 13 ans défavorablement connu des autorités judiciaires a été tué par balle devant la salle des fêtes de la petite commune du nord Basse-Terre. Une autre personne âgée de 27 ans aurait également été touchée grièvement par plusieurs balles. Cet incident violent était le 5e que connaissait l’archipel guadeloupéen dans la même semaine. Le lundi 26 mai, un adolescent a été mortellement touché par des tirs, à la veille de son 17e anniversaire. Le samedi 31 mai, vers 9h, sur le site de la plage de Grand-Baie, au Gosier. Un homme, âgé d’environ quarante ans, a été retrouvé mort, blessé par balles dans son véhicule. Le dimanche 1er juin, un jeune d’une vingtaine d’année a été abattu dans son véhicule dans le quartier de Grand Camp aux Abymes. ( pour aller plus loin : Quatre homicides en une semaine en Guadeloupe, la procureure de Pointe-à-Pitre alerte sur un usage « très décomplexée des armes à feu » 5e homicide en 8 jours en Guadeloupe : Un adolescent de 13 ans tué par balle à Lamentin dans la nuit )
Lors de la soirée du 19 novembre 2025, vers 20 heures, au quartier Floraindre au Lamentin un homme de 25 ans a été pris pour cible alors qu’il se trouvait dans un véhicule de location. À ses côtés se trouvait un enfant, grièvement blessé au niveau du crâne après avoir été atteint par un projectile, il a été transporté en urgence à l’hôpital avec son pronostic vital est engagé.
Ces affaires sont loin d’être la seule car dans les quartiers de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane, les histoires se ressemblent et les meurtres se poursuivent. Malgré les campagnes publicitaires » Déposez les armes » qui ont lieu depuis 2015 en Guadeloupe, il semble que les autorités judiciaires, peine à endiguer le flot des armes.

Le 6 novembre 2025, en Martinique, l’État a procédé à la destruction de 1 120 armes soit 528 armes à feu et 592 armes blanches.
Un chiffre en hausse puisque 1 042 armes avaient été détruites en 2024, contre seulement 90 armes à feu saisies en 2023. La progression parle d’elle-même : la circulation d’armes explose.
Selon le Bilan Sécurité 2024 publié par le Ministère de l’Intérieur, la violence progresse partout en France—Hexagone comme Outre-mer. Les services de sécurité alertent : la société française devient plus violente, et les groupes criminels sont aujourd’hui plus organisés, plus radicaux, plus armés. De Marseille à Grenoble, de Lyon à Lille, jusqu’aux banlieues parisiennes, les codes de la rue ont changé.
Sur la période 2016-2024, les forces de sécurité ont enregistré, rien qu’en 2022, 142 000 victimes de coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus, hors cadre familial, soit 2,1 victimes pour 1 000 habitants. Toujours en 2022, selon l’enquête Vécu et Ressenti en matière de Sécurité (VRS), 522 000 personnes âgées de 18 ans et plus en Hexagone, Martinique, Guadeloupe et La Réunion — déclarent avoir été victimes de violences physiques. Seulement 21 % ont porté plainte.
La grande majorité des faits criminels ont lieu dans les zones urbaines que sont l’agglomération pointoise couvrant les villes de Baie-Mahault, Pointe-à-Pitre-Les Abymes et le Gosier en Guadeloupe. En Martinique, ils se déroulent dans la conurbation du chef-lieu, Fort-de-France ( F-D-F, Schoelcher, Lamentin), tandis qu’en Guyane, la violence est concentrée trois grands secteurs Cayenne, Kourou, Saint-Laurent du Maroni.
Homicides : l’inquiétude numéro un
Ce qui alarme le plus les autorités reste toutefois l’explosion des homicides et tentatives d’homicides, où la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe dominent tristement. Selon les données de l’ATLAS, la Guyane est la région la plus meurtrière de France :
- 18,4 homicides pour 100 000 habitants pour la dernière année,
- 18,2 homicides pour 100 000 habitants sur 2022-2024.
La Martinique arrive en deuxième position avec 9,4 homicides pour 100 000 habitants sur la dernière année ainsi que 8,1 homicides pour 100 000 habitants sur 2022-2024.
La Guadeloupe, troisième, affiche également des chiffres très élevés. L’archipel enregistrait 7,3 homicides pour 100 000 habitants sur l’année 2024 et 8,0 homicides pour 100 000 habitants sur 2022-2024.
Mayotte suit avec 7,0 homicides pour 100 000 habitants en 2024 et 6,0 sur les deux années précédentes.
La Réunion est le territoire ultramarin le moins touché, bien que ses taux demeurent supérieurs à ceux de l’Hexagone, 2,0 homicides pour 100 000 habitants en 2024 et 2,0 pour 100 000 habitants également sur 2022-2024.

Une violence ultramarine très supérieure à celle de l’Hexagone
Dans les DROM, les chiffres sont sans appel : 7,0 homicides pour 100 000 habitants en 2024, 6,8 tentatives sur 2022-2024.
À titre de comparaison :
- Hexagone : 1,3 homicide pour 100 000 habitants en 2024 (idem 2022-2024).
- France entière : 1,4 homicide pour 100 000 habitants en 2024 (idem 2022-2024).

Mais entre 2016 et 2024, une tendance inquiétante se confirme : la violence ne cesse de progresser. Que l’on observe la France hexagonale ou la France entière, le nombre d’homicides augmente année après année. Dans l’Hexagone, on comptait environ 760 victimes en 2016, contre plus de 800 en 2024. À l’échelle nationale, la hausse est encore plus marquée : d’environ 800 homicides en 2016, on atteindrait près de 1 000 cas en 2024.

Même constat pour les tentatives d’homicide, qui progressent aussi bien en France entière que dans l’Hexagone et, surtout, dans les Outre-mer. Ces derniers se retrouvent une nouvelle fois en tête du classement national.
D’après les statistiques des services de sécurité, la Guyane reste le territoire le plus touché, avec 0,9 tentative d’homicide pour 1 000 habitants en 2024, un niveau identique sur la période 2022-2024. La plus vaste région française, située en Amérique latine, est suivie de près par la Guadeloupe, qui enregistre 0,5 tentative pour 1 000 habitants en 2024. Sur la période 2022-2024, le taux se maintient à 0,5, mais les forces de l’ordre soulignent une hausse notable de +28,9 % entre 2023 et 2024.
La Martinique occupe la troisième position, avec 0,6 tentative d’homicide pour 1 000 habitants en 2024, contre 0,4 sur la période 2022-2024. Elle enregistre par ailleurs une spectaculaire augmentation de +146,1 % entre 2023 et 2024.
En quatrième place, on retrouve Mayotte, avec 0,2 tentative d’homicide pour 1 000 habitants en 2024, un taux identique sur la période 2022-2024.
Enfin, La Réunion demeure l’un des territoires les moins violents de France : 0 tentative d’homicide enregistrée en 2024, une stabilité qui se confirme également sur 2022-2024.

Vous l’aurez compris : la société française se durcit, et nos territoires ultramarins restent en première ligne face à cette montée de violence.
En 2024, la Guadeloupe a enregistré 28 homicides, 205 tentatives d’assassinat (+29 %), 2 183 violences intrafamiliales et 2 360 violences hors cadre familial. Les vols avec arme progressent également avec 531 cas (+11,3 %). L’archipel connaît aussi une envolée des vols violents sans arme (548 cas, +32 %), des dégradations volontaires (3 034 cas, +6,4 %) et des affaires liées au trafic de stupéfiants, avec 2 117 mis en cause (+9,9 %) pour 275 dossiers de trafic. Les escroqueries et fraudes touchent elles aussi fortement le territoire : 1 544 victimes ont été recensées.
La Martinique, contrairement à l’image parfois perçue, n’est pas épargnée. En 2024, 34 homicides ont été répertoriés (+36 %), ainsi que 219 tentatives d’homicide (+146,1 %). Les violences hors cadre familial explosent également, avec 1 838 victimes enregistrées. Le fléau des cambriolages et des vols est lui aussi très marqué : 305 vols avec arme (+43 %), 193 vols violents sans arme, et 1 836 vols sans violence contre des personnes. Concernant les stupéfiants, la situation reste très préoccupante : 1 183 mis en cause pour usage, et 314 interpellations pour trafic, en hausse de +11,3 %.
La Guyane suit la même trajectoire. Les homicides ont augmenté de +3,3 % depuis 2016, atteignant 53 cas en 2024 et 59 meurtres en 2023. Les tentatives d’homicide, elles, ont bondi pour atteindre 261 cas.
Si les vols avec et sans arme connaissent une légère baisse entre 2023 et 2024, la région reste fortement touchée : 844 vols avec arme (–1,7 %) et 443 vols sans arme (–19,7 %). Les vols sans violence restent nombreux, avec 1 920 victimes, même si l’indicateur recule de –4,3 %.
En revanche, les affaires de stupéfiants explosent littéralement : 1 121 interpellations pour usage (+58,6 % ; +12,8 % depuis 2016) et 935 arrestations pour trafic (+6,9 % en 2024).

Les causes de cette violence :
Lorsque l’on s’interroge sur les causes de cette violence, il ne s’agit évidemment pas de la justifier. En revanche, il est essentiel de comprendre ce qui l’alimente, en mettant en perspective l’explosion des crimes et des homicides avec la situation économique et sociale des populations ultramarines.
Plusieurs facteurs expliquent cette violence du quotidien – une violence qui, il faut le dire, épuise et exaspère les habitants. Le premier d’entre eux est la pauvreté, plus frappante et plus enracinée que dans l’Hexagone.
Derrière l’image de carte postale, les territoires ultramarins comptent parmi les régions les plus pauvres et les plus fragiles du pays. En Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et, plus encore, à Mayotte, la vie quotidienne est marquée par la précarité. La crise liée au Covid-19 n’a fait qu’aggraver la situation, laissant craindre une nouvelle hausse de la pauvreté dans les années à venir.
À l’échelle ultramarine, la pauvreté se manifeste souvent dans des conditions de vie particulièrement difficiles : logements insalubres, quartiers informels proches des bidonvilles, et des revenus très faibles.
Selon l’INSEE, en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion, la moitié des personnes en situation de grande pauvreté disposent de moins de 700 euros par mois. En Guyane, le niveau de vie médian des personnes les plus pauvres tombe à 470 euros mensuels, soit environ 1 000 euros de revenus pour un couple avec deux enfants. À ce niveau, il ne s’agit plus de précarité : c’est de la survie.
L’Observatoire des inégalités résume cette situation de manière frappante :
« Une partie des habitants d’Outre-mer vivent dans des conditions parfois proches de celles des pays les plus pauvres du monde, alors même que la France est l’un des pays les plus riches. »
Une affirmation qui reflète particulièrement la réalité de la Guyane et de Mayotte, les deux territoires les plus touchés par la misère.
Toujours selon l’INSEE, la grande pauvreté est 5 à 15 fois plus fréquente dans les DOM qu’en France hexagonale, et elle y est surtout plus intense. Dans les quatre DOM historiques (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion), les ménages monoparentaux, les personnes sans emploi, les retraités et les familles « complexes » sont les plus affectés.
Cette grande pauvreté ne se limite pas au manque d’argent : elle se traduit par une multitude de privations, y compris pour des besoins fondamentaux comme se nourrir ou s’habiller. Entre 4 et 8 personnes sur 10 en grande pauvreté déclarent manquer de biens essentiels.
Enfin, au seuil national, le taux de pauvreté monétaire est 2 à 4 fois plus élevé en Outre-mer qu’en métropole. De même, la privation matérielle et sociale est 3 à 5 fois plus fréquente, un indicateur qui montre à quel point ces territoires sont confrontés à une vulnérabilité structurelle, bien plus profonde que dans l’Hexagone.
En 2019, en France hexagonale, Oxfam fixait le seuil de pauvreté monétaire à 60 % du revenu médian, soit 1 837 € par mois pour une personne seule. Selon ces critères, toute personne percevant moins de 1 102 € par mois est considérée comme pauvre.
Dans son rapport 2019, basé sur les données de l’INSEE (voir notre article : “Comprendre le seuil de pauvreté en France”), Oxfam estimait que 9,2 millions de personnes vivaient sous ce seuil, auquel il faut ajouter environ 1,6 million de personnes invisibles des statistiques. 1,6 million de pauvres absents des statistiques, c’est maintenant officiel – Centre d’observation de la société
L’organisation évaluait ainsi le taux officiel de pauvreté à 14,6 %, mais le taux réel approcherait plutôt 17 % de la population.
Toujours selon Oxfam et l’INSEE (Lire aussi : “Grande pauvreté : qui sont les oubliés de la République ?”), près de 2 millions de personnes seraient en situation de grande pauvreté, dont environ 300 000 personnes sans domicile fixe, chiffre relayé par la Fondation Abbé Pierre. 27e rapport sur l’état du mal-logement en France 2022
Une pauvreté encore plus marquée Outre-mer
Dans les territoires ultramarins, la situation est bien plus alarmante.
Le pourcentage d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté (60 % du niveau de vie médian national) atteint :
- 34 % en Guadeloupe
- 33 % en Martinique
- 53 % en Guyane
- 42 % à La Réunion
- 77 % à Mayotte
contre 14 % seulement en France hexagonale
(Analyse complète : “Pourquoi l’Outre-mer est-il plus pauvre que le reste du pays ?”).
Pauvreté des familles : un constat alarmant
Pour les couples, avec ou sans enfants, les différences sont frappantes :
- Guadeloupe : 8 % des couples sans enfant sont très pauvres ; 4 % des couples avec enfants.
- Martinique : 4 % des couples sans enfant et 6 % des couples avec enfants sont très pauvres.
- Guyane : 13 % des couples sans enfant et 21 % des couples avec enfants vivent en grande pauvreté.
En France hexagonale, seuls 1 % des couples sans enfant et 2 % des couples avec enfants se situent dans cette catégorie.
(Voir notre analyse : “Familles ultramarines : une précarité qui dure”)
Les ménages complexes : une vulnérabilité extrême
Les “ménages complexes” — plusieurs familles sous un même toit, cohabitations intergénérationnelles — sont particulièrement touchés :
- 42 % en Guyane
- 17 % en Guadeloupe
- 13 % en Martinique
- 5 % en France hexagonale
En Guyane, ces ménages représentent un tiers de la population, composés majoritairement de mineurs et de jeunes adultes.
(Lire notre enquête : “Habitat précaire et cohabitations forcées en Outre-mer”).
Chômage et retraites : une pauvreté structurelle
Le chômage joue un rôle central dans la montée de la pauvreté.
Selon l’INSEE :
- 25 % des chômeurs en Guadeloupe, Martinique et La Réunion sont en situation de grande pauvreté ;
- en Guyane, ce chiffre grimpe à 43 %.
Les retraités sont également touchés dans les DOM — une situation rare en métropole :
- 9 % de retraités pauvres en Martinique
- 15 % en Guyane
- contre moins de 1 % en France hexagonale
Cette fragilité provient de carrières marquées par le chômage, le temps partiel contraint, et le travail informel, entraînant des pensions très faibles.
Précarité, addictions et violence : un cocktail explosif
Cette pauvreté durable nourrit un profond sentiment de frustration, de vulnérabilité et parfois de colère, rendant certaines populations plus susceptibles d’être happées par les réseaux de trafic de stupéfiants.
La forte consommation d’alcool et de drogues accentue encore les comportements violents.
Disons-le clairement : dans certaines zones, les Outre-mer se transforment en territoires criminogènes, où pauvreté, trafics et violence s’entretiennent mutuellement.
Pour aller plus loin : Les Outremers des territoires de violence avec des homicides toujours plus nombreux. – The Link Fwi
