La Jamaïque franchit une nouvelle étape dans sa bataille pour les réparations liées à l’esclavage et à la traite négrière. Kingston a saisi le Conseil privé britannique afin de faire examiner la responsabilité du Royaume-Uni dans l’asservissement de ses ancêtres. Une offensive juridique inédite, soutenue par la CARICOM, qui pourrait également raviver le débat sur les derniers liens entre la Jamaïque et la Couronne britannique.
On le sait, la légende veut que la décolonisation des anciens territoires sous domination britannique ait été plus « douce » que celle des anciennes colonies francophones, hispanophones ou lusophones. Pourtant, la colonisation britannique n’a pas été si « humaine » qu’on a longtemps voulu le faire croire.
Plusieurs événements brutaux ont eu lieu à travers l’Empire Britannique. Que ça soit la répression des Maroons de la Jamaïque, la guerre des Boers et la mise en place du système d’Apartheid en Afrique du Sud qui prendra fin en 1990, l’infantilisation et les violences subies par les peuples Aborigènes, Maoris ou Amérindiens en Australie, en Nouvelles Zélande et aux Amériques. Sans oublier, la décolonisation et la division du sous continent Indien qui se sont faites dans le sang et les larmes. On pense également à la répression des Mau Mau au Kenya. Tant d’événements qui ternissent encore aujourd’hui la relation entre l’ancienne puissance coloniale et ses anciens sujets.
Malgré ces parts sombre de leur histoire commune, les anglophones de par le Monde ont toujours su coexister entre eux, au point de créer le Commonwealth of Nations. Cette organisation est née justement, à la dite période de la décolonisation.
Cependant, un sujet divise de plus en plus les relations entre l’ancienne métropole coloniale et ses colonies : ce sont l’esclavage et la traite négrière qui sont au coeur d’un intense débat axé sur une demande de réparations de plus en plus accrue des pays de la caraïbe épaulés par les pays africains.

Une demande de réparation de plus en plus forte :
Même si le Royaume Uni est le deuxième pays (après le Danemark) dans le Monde à avoir aboli l’esclavage puis interdit la Traite négrière, son économie a quand même bénéficié largement du système esclavagiste.
Dès 1500, les britanniques partent à la conquête de territoires. Selon des estimations très modestes, environ 12 millions d’Africains furent vendus comme esclaves dans les colonies du continent Américain. Dans les seuls navires britanniques, 3,25 millions d’Africains furent expédiés. Ces voyages furent souvent très rentables. Par exemple, au XVII° siècle, la Royal Africa Company pouvait acheter une esclave africaine avec des marchandises commerciales à une valeur de 5 $ et la revendre aux Amériques 32 $, faisant un bénéfice net moyen de 38% par voyage.
Avec l’influence des mouvements abolitionnistes, le 02 Mai 1807, le Royaume Uni interdit la traite atlantique, c’est-à-dire la déportation des Africains en Amérique, où ils doivent travailler sur les plantations de coton ou de canne à sucre. En 1833, la Couronne britannique abolit définitivement l’esclavage. Cependant, Londres avait déjà des colonies à travers le Monde, comme l’Australie, la Nouvelle Zélande, le Canada, l’Inde et commençait sa course à la colonisation des comptoirs d’Afrique et d’Asie où les populations locales natives finiraient par être exploitées pour les bénéfices des grandes entreprises britanniques, pour la dite grandeur de l’Empire et plus largement pour la prospérité de la famille Royale. Bien souvent au prix du sang.
Toutefois, cette page de l’histoire a du mal à passer pour les territoires qui ont subi l’esclavage.
Ainsi, depuis plus d’une décennie, la question des réparations s’impose dans les relations bilatérales entre Londres et les capitales caribéennes.
En 2013, les chefs de gouvernement de la CARICOM ont créé la Caribbean Reparations Commission, chargée de construire le dossier en faveur de la justice réparatrice pour les populations autochtones et les descendants d’Africains victimes du génocide, de l’esclavage, de la traite et de l’apartheid racial.
Puis, en 2014, la CARICOM a adopté son fameux plan en dix points pour les réparations. Celui-ci ne se limite absolument pas à réclamer un chèque aux anciennes puissances coloniales mais il comprend notamment : des excuses officielles ; la réparation et la restitution des éléments du patrimoine culturel de ces peuples; l’annulation ou la restructuration de dettes ; des programmes de santé ; l’éducation ; le développement culturel ; la lutte contre le sous-développement et une coopération permettant de traiter les conséquences durables de l’esclavage et du colonialisme.
En 2024, lors du sommet des Commonwealth aux Samoas, l’ensemble des pays de l’organisation, d’une seule voix ont demandé des excuses officielles au roi Charles III qui comme sa mère a rejeté toutes éventuelles réparations et excuses officielles venant de la Couronne.
En 2026, la question des réparations n’est plus seulement portée par des militants ou des universitaires. Elle est devenue un dossier diplomatique porté par des États caribéens, avec des relais en Afrique et dans les institutions internationales.
En juin, des États africains et caribéens réunis au Ghana ont notamment soutenu un plan de réparations en 19 points comprenant notamment des demandes d’excuses officielles, d’allègement de dette, de restitution du patrimoine et de création d’un fonds mondial de réparations.Une réunions.
En fin août dernier le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale a estimé que les États ont l’obligation juridique de considérer des réparations pour les conséquences de la traite transatlantique et de l’esclavage, en s’appuyant sur les obligations contemporaines du droit internationa
La Jamaïque cheffe de file des réparations :
En s’appuyant sur une procédure juridique héritée de l’époque de l’Empire britannique, la Jamaïque a adressé lundi une pétition au roi Charles III. Kingston demande que plusieurs questions relatives à l’esclavage et à la responsabilité du Royaume-Uni dans l’octroi de réparations soient examinées par le Comité judiciaire du Conseil privé (Judicial Committee of the Privy Council), la plus haute juridiction pour les anciens territoires britanniques ayant conservé des liens avec le système juridique du Royaume-Uni.
Bien que la pétition soit officiellement adressée au roi, le souverain ne dispose d’aucun pouvoir personnel pour décider de sa transmission au Comité judiciaire. La décision dépendra des recommandations du gouvernement britannique.
Le choix de la date n’est pas anodin. Le dépôt de la pétition coïncide avec l’anniversaire du départ, en 1781, du Zong, un navire marchand immatriculé à Liverpool qui avait quitté l’Afrique de l’Ouest avec 442 Africains réduits en esclavage à son bord.
Au cours de la traversée vers la Jamaïque, les réserves d’eau du navire commencèrent à s’épuiser. L’équipage décida alors de jeter 132 hommes, femmes et enfants par-dessus bord. L’objectif était de pouvoir réclamer une indemnisation à l’assurance pour ces captifs considérés juridiquement comme des « biens », plutôt que de risquer de les vendre à un prix inférieur en raison de leur état de faiblesse et de déshydratation.

Le massacre du Zong a nourri la campagne contre l’esclavage
Le massacre du Zong a profondément marqué l’opinion publique britannique et contribué à renforcer le mouvement abolitionniste. La Grande-Bretagne interdit la traite négrière en 1807. Mais l’abolition de l’esclavage dans l’ensemble de l’Empire britannique n’intervient que le 1er août 1834.
Depuis plusieurs années, la Jamaïque occupe une place centrale dans la campagne visant à obtenir de la Grande-Bretagne et d’autres puissances européennes des excuses officielles et des réparations pour leur rôle dans la traite transatlantique et l’esclavage.
La revendication dépasse la seule question de l’indemnisation des personnes réduites en esclavage. Elle porte également sur les conséquences économiques, sociales et historiques de ce système et sur son impact durable sur leurs descendants à travers le monde.
Kingston affirme par ailleurs bénéficier du soutien de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), qui regroupe 23 États de la région, des Bahamas à la Guyana.
De son côté, Buckingham Palace a indiqué lundi travailler étroitement avec le gouverneur général de la Jamaïque, représentant du roi dans le pays, afin de s’assurer que la pétition soit « correctement déposée ».
Mais Londres ne semble pas, pour l’heure, disposé à répondre favorablement aux revendications jamaïcaines. Tout en reconnaissant le caractère « odieux » de l’esclavage, le gouvernement britannique continue de rejeter les demandes d’excuses officielles et de réparations.
En mars, lorsque l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution présentant les réparations comme une « étape concrète » pour répondre aux conséquences de l’esclavage, le Royaume-Uni s’est abstenu.
Londres invoque notamment un principe juridique selon lequel les actes doivent être appréciés au regard du droit applicable au moment où ils ont été commis. James Kariuki, représentant britannique auprès des Nations unies, a ainsi fait valoir qu’il n’existait pas d’obligation internationale de réparer des actes historiques qui ne constituaient pas, à l’époque, des violations du droit international.
La Jamaïque veut désormais déplacer le débat sur le terrain judiciaire
Avec cette pétition, la Jamaïque tente de faire passer sa campagne politique en faveur des réparations à un autre niveau : celui du droit.
Le gouvernement demande au Comité judiciaire du Conseil privé de répondre à trois questions fondamentales.
Le transport forcé d’Africains vers la Jamaïque et leur asservissement étaient-ils illégaux au regard de la common law anglaise ?
Le transport forcé et l’asservissement des Africains constituaient-ils des crimes contre l’humanité engageant la responsabilité du Royaume-Uni ?
Le Royaume-Uni a-t-il aujourd’hui l’obligation d’apporter un « recours » au peuple jamaïcain pour les souffrances infligées à ses ancêtres ?
Derrière ces questions se joue donc un enjeu majeur : déterminer si une responsabilité juridique peut être établie des siècles après les faits et, dans ce cas, si elle peut déboucher sur une obligation de réparation.
Une procédure ancienne aux conséquences politiques contemporaines
Pour Craig Prescott, spécialiste du droit constitutionnel et de la monarchie à l’université Royal Holloway de Londres, la stratégie jamaïcaine est particulièrement habile. Elle consiste à utiliser une procédure constitutionnelle ancienne et peu connue pour porter devant la justice l’une des questions les plus sensibles de la société jamaïcaine.
Le droit de pétitionner la Couronne remonte à la conquête normande de l’Angleterre, en 1066, à une époque où le monarque était considéré comme la « source de la justice dans tous ses territoires ».
La démarche jamaïcaine s’appuie plus précisément sur une loi adoptée en 1833, qui faisait du Comité judiciaire du Conseil privé la plus haute juridiction d’appel civile et pénale de l’Empire britannique.
Après la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’Empire s’est progressivement transformé en une communauté d’États indépendants au sein du Commonwealth, le Comité a conservé cette fonction pour les pays ayant choisi de maintenir des liens juridiques avec le Royaume-Uni.
Selon Craig Prescott, la pétition devrait être examinée par le Comité judiciaire, où plusieurs juges britanniques seraient chargés de l’étudier et de rendre une décision.
Mais l’expert estime que la procédure pourrait être accueillie avec prudence, voire avec scepticisme. Les juges sont généralement réticents à utiliser ce mécanisme exceptionnel, qui permet de contourner les procédures judiciaires ordinaires.
Le débat ne porte donc pas uniquement sur la question de l’esclavage ou des réparations, mais également sur la possibilité d’utiliser aujourd’hui un mécanisme juridique hérité directement de l’histoire impériale britannique.
Paradoxalement, un rejet de la pétition pourrait également représenter une victoire politique pour Kingston.
Même un rejet pourrait servir les intérêts de la Jamaïque
Le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness a en effet annoncé son intention de rompre les derniers liens institutionnels avec la monarchie britannique et de transformer la Jamaïque en république.
Pour Craig Prescott, la démarche actuelle pourrait ainsi renforcer le débat sur l’avenir constitutionnel du pays.
« Pourquoi avoir un chef d’État qui ne partage pas réellement les positions largement défendues en Jamaïque ? », s’interroge-t-il.
Selon lui, si les liens institutionnels maintenus avec la Grande-Bretagne ne permettent pas à la Jamaïque d’obtenir la réponse qu’elle recherche sur la question des réparations, Kingston pourrait être davantage tentée de les rompre.
La bataille engagée autour des réparations dépasse donc largement la seule question financière. Elle touche désormais à la mémoire de l’esclavage, à la responsabilité historique du Royaume-Uni, au droit international et, plus largement, à la relation que la Jamaïque souhaite encore entretenir avec son ancienne puissance coloniale. «

Hugo Burnand/AP
Et la suite est déjà programmée
La CARICOM doit organiser à Barbade, du 17 au 19 septembre 2026, sa troisième conférence régionale sur les réparations soit quelques jours seulement après la démarche jamaïcaine auprès de Charles III qui a prévu de se rendre en visite officielle dans plusieurs pays de la région entre le 27 octobre et le 4 novembre 2026.
Il commencera par une visite d’État aux Bahamas, où il est chef de l’État, avant la réunion des chefs de gouvernement des pays du Commonwealth de cette année.
Accompagné de la Reine Camilla, ils s’arrêteront à Antigua-et-Barbuda, où Charles III est également chef de l’État. Cette visite coïncidera avec leur participation à la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth de 2026
La tournée de 2026 comprendra également une visite d’État en Guyana du souverain, à l’invitation du président guyanais Irfaan Ali et à la demande du gouvernement britannique. Cela marquera le 60e anniversaire des relations bilatérales entre le Guyana et le Royaume-Uni.
Selon Buckingham Palace, cette tournée sera consacrée aux communautés, aux cultures et à la nature à travers les pays du Commonwealth.

Et dans les Antilles françaises ?
La bataille engagée aujourd’hui par la Jamaïque et, plus largement, par la CARICOM, fait forcément écho à une question qui traverse également la Guadeloupe et la Martinique : que doit-on réparer après des siècles de traite négrière, d’esclavage et d’exploitation coloniale ?
Les histoires ne sont pas identiques. Les territoires caribéens anglophones sont pour la plupart devenus des États indépendants après la décolonisation, tandis que la Guadeloupe et la Martinique sont demeurées au sein de la République française et sont aujourd’hui des départements et régions d’outre-mer.
Mais un élément de leur histoire les rapproche directement : dans les deux cas, l’esclavage a constitué un système économique organisé, au profit d’une partie des élites coloniales et des puissances européennes.
Et c’est précisément sur la question de l’indemnisation que l’histoire française présente une particularité particulièrement frappante.
Lorsque la France abolit définitivement l’esclavage en 1848, le décret du 27 avril prévoit explicitement qu’une indemnité sera accordée aux « colons » pour compenser la perte de la main-d’œuvre servile.
La loi du 30 avril 1849 fixe ensuite le montant global de cette indemnisation. Au total, 126 millions de francs sont attribués aux anciens propriétaires d’esclaves des colonies françaises, parmi lesquelles la Guadeloupe et la Martinique. Aucune indemnité équivalente n’est accordée aux personnes qui viennent d’être libérées.
Autrement dit, au moment où des dizaines de milliers d’hommes et de femmes sortent de plusieurs siècles d’asservissement, la République indemnise les propriétaires pour la perte de leur « propriété », tandis que les anciens esclaves ne reçoivent pas de compensation comparable.
Le mécanisme n’est d’ailleurs pas propre à la France.
Quelques années plus tôt, le Royaume-Uni avait lui aussi consacré 20 millions de livres sterling à l’indemnisation des propriétaires d’esclaves lors de l’abolition de 1833. Les archives britanniques conservent encore les registres permettant d’identifier les bénéficiaires de ces compensations.
C’est l’un des paradoxes majeurs de l’histoire de l’abolition dans les deux empires : la liberté a été accordée aux esclavisés, mais la perte économique des propriétaires a, elle, été reconnue et compensée.
En Guadeloupe et en Martinique, l’abolition de 1848 ne s’est d’ailleurs pas simplement imposée depuis Paris. Les événements de mai 1848 jouent un rôle déterminant. En Martinique, des mouvements de rébellion conduisent à la proclamation locale de l’abolition le 23 mai 1848, avant même l’arrivée des commissaires chargés d’appliquer le décret parisien. En Guadeloupe, l’abolition est proclamée le 27 mai.
Mais la fin juridique de l’esclavage ne signifie pas la fin du système économique qui s’était construit autour de lui.
Après 1848, les autorités cherchent à maintenir la production agricole destinée à l’exportation. Des travailleurs engagés venus notamment d’Inde, mais également d’Afrique et de Chine, sont ainsi introduits dans les colonies françaises entre 1853 et 1889. La production intensive à bas coût perdure donc sous d’autres formes après l’abolition.
Une reconnaissance historique, mais pas de réparation financière
La France a depuis franchi une étape majeure sur le terrain mémoriel et juridique.
Avec la loi Taubira du 21 mai 2001, la République reconnaît officiellement que la traite négrière transatlantique, la traite dans l’océan Indien et l’esclavage constituent des crimes contre l’humanité.
Cette reconnaissance constitue un acte politique et historique majeur. Mais elle ne s’est pas traduite par un dispositif général de réparation financière au bénéfice des descendants des personnes réduites en esclavage.
C’est ici que le débat français rejoint, à sa manière, celui qui agite aujourd’hui la Caraïbe anglophone.
La CARICOM considère que les réparations ne doivent pas nécessairement prendre la forme d’un simple versement financier. Son plan prévoit également des mesures touchant à la santé, à l’éducation, au développement économique, à la culture, à la dette, aux excuses officielles et à la restitution du patrimoine. En juillet 2026, les dirigeants de la CARICOM ont d’ailleurs adopté une version révisée de leur plan de réparations.
Cette approche ouvre une question particulièrement importante pour les Antilles françaises : réparer ne signifie pas nécessairement uniquement indemniser.
Cela peut aussi vouloir dire agir sur les conséquences économiques et sociales héritées du système colonial, renforcer la transmission de l’histoire, restituer des biens et des archives, soutenir la recherche, la santé, l’éducation ou encore s’attaquer aux inégalités structurelles issues de cette histoire.
La différence fondamentale tient cependant au statut politique.
La Jamaïque peut aujourd’hui interpeller directement l’ancienne puissance coloniale en tant qu’État indépendant et lui demander d’assumer une responsabilité historique. La Guadeloupe et la Martinique, elles, portent cette histoire au sein même de l’État français.
Dès lors, la question n’est pas seulement : « La France doit-elle réparer les crimes de l’esclavage ? »
Elle est aussi : « Comment une République peut-elle reconnaître un crime commis par son propre système colonial tout en répondant aux conséquences de cette histoire dans des territoires qui font aujourd’hui partie intégrante de la République ? »
C’est une question qui dépasse largement la mémoire.
Elle touche à l’économie, au patrimoine, aux inégalités, à la transmission historique et, plus profondément encore, à la manière dont la Guadeloupe et la Martinique se représentent leur propre histoire.
Pendant que la Jamaïque tente aujourd’hui de porter cette bataille devant la justice britannique, les Antilles françaises restent confrontées à leur propre équation : comment transformer la reconnaissance du passé en politique de réparation pour le présent ?
