Après 7 ans d’absence, Wil Aime revient avec Who

Après 7 ans d'absence, Wil Aime revient avec Who. Photo : ELMS Photography ( Emrick LEANDRE)

Après sept années d’absence, Wil Aime signe son grand retour avec Who, son tout premier long métrage. À l’occasion de son passage en Guadeloupe, il a accordé une interview exclusive à The Link Fwi au Café Papier. Dans cet entretien, l’humoriste, vidéaste et désormais réalisateur revient sur la naissance de ce projet ambitieux, ses inspirations, les défis rencontrés lors de sa réalisation et les ambitions qui l’animent pour la suite de sa carrière.

J’ai grandi dans les années 1990-2000. Oui, je sais, le temps passe vite. Pour information, j’ai décidé d’arrêter de dire mon âge le jour où j’ai eu 25 ans. Oui, je triche. Mais quand tu vois apparaître un premier cheveu blanc, puis deux, puis une dizaine venir garnir le sommet de ton crâne, mille et une questions se bousculent dans ta tête. Tu te demandes alors : « Que m’est-il arrivé ? Les années sont passées si vite. »

Loin d’avoir honte de mon âge déjà bien avancé, je suis fier d’avoir grandi à une époque où les évolutions technologiques se succédaient à une vitesse folle. Entre les différentes Game Boy — la grise, la Color, l’Advance ou encore l’Advance SP —, le développement d’Internet avec les premières box combinant télévision, téléphone et connexion haut débit, sans oublier la transformation spectaculaire des téléphones portables et des ordinateurs, nous avons assisté à une véritable révolution.

Avec elle sont apparus les premiers sites de téléchargement comme eMule, MegaUpload et bien d’autres. Sans oublier les blogs : Blogger, Skyblog, Skyrock, Netlog ou encore WordPress. D’ailleurs, j’en possédais plusieurs. J’y écrivais mes premiers textes, publiais des photos et échangeais avec les quelques personnes qui me lisaient. Avec le recul, je crois que c’est à cette période qu’est née ma vocation pour le journalisme web et mon envie de créer un média.

C’est également au cours de cette décennie que sont apparues les plateformes d’hébergement vidéo comme YouTube et Dailymotion, dont j’étais un fervent utilisateur. Je pouvais y regarder les clips de mes artistes préférés ou dévorer des documentaires à toute heure.

Mais parler de cette époque sans évoquer MSN serait une faute impardonnable. Ah, MSN ! Combien d’heures ai-je passées devant mon écran à discuter avec mes amis ou à les « wizzer » une fois les cours terminés, entre deux devoirs à rendre le lendemain ? C’était hier. Aujourd’hui, nous vivons à l’ère de TikTok, des livestreams et de l’intelligence artificielle, où certains créateurs de contenus sont élevés au rang de véritables stars par une génération entière.

Pour autant, ne jetons pas la pierre aux plus jeunes. Nous aussi, nous avons connu nos pionniers du web. Ces créateurs qui, avec des vidéos parfois tournées dans leur chambre, réussissaient à faire rire des millions de personnes.

Parmi eux figurait Wil Aime.

Après 7 ans d’absence, Wil Aime revient avec Who. Photo : ELMS Photography ( Emrick LEANDRE)

Ce jeune Parisien d’origine guadeloupéenne a été l’un des premiers créateurs francophones à connaître le succès sur Vine, l’application américaine considérée comme l’ancêtre de TikTok. Grâce à ses courtes vidéos humoristiques, il gagne rapidement en popularité et rassemble une communauté de plusieurs centaines de milliers d’abonnés.

Puis, presque naturellement, il migre vers YouTube, alors en pleine explosion. À travers ses sketchs, il aborde avec humour les relations amoureuses, les différences culturelles, la vie quotidienne ou encore les contradictions de notre société. Là encore, le succès est au rendez-vous. Wil Aime devient l’un des premiers créateurs francophones à franchir le cap symbolique du million de vues.

À cette époque, j’étais étudiant dans l’Hexagone et, comme des millions de jeunes, j’attendais avec impatience la sortie de chacune de ses vidéos. Certaines sont devenues cultes : Comment ne pas perdre le respect de ta copine, Le Dilemme du prisonnier, Les Liens du sang, sans oublier les incontournables Comment sortir de la friendzone ou Le Gendre idéal, qui ont marqué toute une génération de millennials.

Son ton accessible, son sens de l’observation et sa capacité à mêler humour et réflexion lui ont permis de fédérer une immense communauté en ligne.

Puis, presque du jour au lendemain, Wil Aime a disparu des écrans.

Plus de vidéos. Plus de rendez-vous hebdomadaires. Plus de nouveaux projets visibles.

Pour ses millions de fans, une longue période d’attente commençait, entre interrogations, nostalgie et espoir de le voir un jour revenir.

Après sept ans d’absence, Wil Aime fait son retour avec Who, son tout premier long métrage. De passage en Guadeloupe, l’humoriste, vidéaste et désormais réalisateur a accordé une interview exclusive à The Link Fwi au Café Papier. Il revient sur la genèse de ce thriller à suspense, ses influences, les défis de sa réalisation et les nouvelles ambitions qui accompagnent ce tournant majeur de sa carrière.

Après sept ans d’absence, tu fais ton retour avec Who, ton premier long métrage. Peux-tu nous présenter le film ? De quoi parle l’histoire et qui sont les principaux protagonistes ?

Wil Aime : Who, c’est l’histoire d’un personnage qui s’appelle Wilson, qui est en stage dans une région qui est très loin de chez lui. Il n’a pas les moyens de se loger et c’est une dame qui l’héberge. Sauf que cette dame s’avère être l’hôte de réunion de gangsters. Wilson se retrouve dans la situation où il assiste à être témoin d’une réunion de gangsters qui tourne mal et il va devoir évoluer dans ce monde de monstres et faire des choix, entre rester spectateur et ou devenir un monstre lui-même.

Dans Who, on se retrouve plongé dans une sorte de Cluedo géant, avec plusieurs personnages réunis dans un huis clos qui rappelle parfois l’univers d’Agatha Christie ou encore le jeu du Loup-Garou. Quelles ont été tes principales inspirations ?

Wil Aime : Je ne sais pas vraiment. Mais je me souviens qu’au moment de l’écriture, je regardais un manga qui s’appelle L’Attaque des Titans, et je me souviens de la façon dont les personnages sont caractérisés, de la désolation qui règne dedans. Ensuite, il y a eu des films comme la Cité des Dieux, ou Training Day. Les inspirations sont multiples mais je pense que je les puise principalement dans les mangas.

Quel a été le plus grand défi dans la création de ce film ? Qu’est-ce qui t’a demandé le plus de temps : l’écriture, le financement, le tournage ou la post-production ?

Wil Aime : Selon moi, la plus grosse des difficultés a été le financement. De tourner avec un si peu de budgets et d’enchaîner les jours de tournage. Un autre défi qui me vient, fut le management. J’ai dû gérer énormément de gens, faire des concessions car, il y a beaucoup de personnages principaux.

Dans Who, chaque personnage peut sembler coupable à un moment ou à un autre. Comment as-tu travaillé avec les acteurs pour entretenir le doute tout au long du film ?

Wil Aime : J’ai beaucoup joué sur le mystère. Les acteurs et actrices ne connaissaient pas forcément tout le scénario. Je leur communiquais que les informations sur leur personnage et la situation dans laquelle il se trouvait mais ils ne savaient pas trop ce qui se passait pour les autres personnages, afin qu’ils restent suspects et qu’eux-mêmes se demandent si au final, ils ne le sont pas. Ensuite, j’ai laissé une grande place à l’improvisation. En tout cas, pour certains acteurs, afin qu’ils puissent intégrer leur vision de leur personnage. Je leur donnais quelques indications mais je leur laissais leur jeu et leur talent.

Après 7 ans d’absence, Wil Aime revient avec Who. Photo : ELMS Photography ( Emrick LEANDRE)

Un détail, nous a intrigué le 30 juin 2026 ? De quoi s’agit-il ? Est-ce la suite ?

Wil Aime : Je ne sais pas quoi tu parles ( rires)

Tu laisses planer le mystère, c’est ça ?

Wil Aime : certainement (rires).

Si tu devais résumer Who en une seule phrase pour donner envie au public antillais de le découvrir sur Disney+, que lui dirais-tu ?

Wil Aime : Si je devais lui dire quelque chose ? C’est que  » tu as l’occasion de voir un film indépendant, un film autoproduit et qui a été porté par une équipe qui croyait en ce projet. Tu as aussi l’occasion de visionner un premier film, d’un jeune réalisateur qui a ses propres codes. Un jeune réalisateur qui a une autre vision du cinéma et qui a envie d’apporter sa touche au cinéma mais il débute. Du coup, si tu aimes l’art, si tu aimes le cinéma dans son commencement, je pense que c’est une bonne chose de regarder Who.

Quelle sera la prochaine étape pour toi Wil Aime ?

Wil Aime : La prochaine étape, c’est déjà d’aller au bout de cette idée-là. Par la suite, je souhaite récupérer de l’énergie pour continuer de m’amuser sans avoir peur de dérouter.

Merci beaucoup Wil Aime.

Merci à toi.

Après 7 ans d’absence, Wil Aime revient avec Who. Photo : ELMS Photography ( Emrick LEANDRE)

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