Jade Ponchet victime d’un accident de jet-ski en Guadeloupe : le combat pour la justice du père.  

Le 5 août 2022, Jade Ponchet, 21 ans au moment des faits, est violemment percutée par un jet-ski alors qu’elle était à l’arrêt lors d’une sortie encadrée à Port-Louis, en Guadeloupe. Depuis, elle vit avec un handicap lourd. Son père, Jean-Marc Ponchet, se bat pour que justice soit rendue et que les responsabilités soient pleinement établies. Nous lui avons donné la parole.  

Ah ! La Guadeloupe. Elle fait rêver avec ses paysages luxuriants, ses plages de sable fin à l’eau crystalline et ses rivière couleur émeraude. Ils sont nombreux à rêver de farniente sous le soleil des tropiques afin d’oublier le quotidien stressant des grandes métropoles occidentales. C’est ce qui a poussé Jade Ponchet, 25 ans et son père Jean-Marc à quitter leur Gironde pour choisir cette destination lors de l’été 2022.  

Un séjour entre père et fille qui se déroulait sans encombre pour remplir les souvenirs, jusqu’au jour fatidique du 5 août 2022.  

La journée avait pourtant bien commencé. Le ciel était dégagé, le soleil à son zénith et la mer d’un bleu tranquille. La plage de la petite commune de Port-Louis, dans le nord Grande-Terre accueillait comme à l’accoutumée ses centaines de plagistes. Jade et son père participaient à une sortie en scooter des mers encadrée. L’activité était organisée par un prestataire local, qui propose aux touristes une randonnée nautique le long du littoral. 

Pourtant, en quelques minutes, la vie de la jeune girondine basculait. Elle est fauchée violemment par un jet-ski conduit par un autre participant. Le choc est brutal. La jeune femme est projetée dans l’eau, inconsciente. Rapidement secourue et prise en charge par les secours, elle est transférée en urgence vers le centre hospitalier de Pointe-à-Pitre. Le pronostic vital est engagé. Elle sera plongée dans un coma artificiel durant plusieurs semaines.  

Selon les témoignages recueillis et les éléments du dossier judiciaire, la jeune femme était à l’arrêt sur son engin, conformément aux consignes données par le moniteur. C’est à ce moment-là qu’un autre participant, visiblement en excès de vitesse, perd le contrôle de son jet-ski et percute violemment Jade par l’arrière. 

Bientôt trois ans après les faits, alors que la justice a rendu un premier jugement, son père continue de se battre pour obtenir des réponses et éveiller les consciences sur les risques liés à ces activités nautiques. Voici son témoignage.

 

Jade et son père Jean-Marc Ponchet. Photo personnelle.

Bonjour Mr Ponchet, merci de prendre de votre temps pour répondre à nos questions. Pouvez-vous nous raconter qui est Jade, comment elle était avant l’accident ? 

Jean-Marc Ponchet : Bonjour, merci à vous de me donner la parole sur ce sujet affligeant. Jade est ma fille. Elle avait vingt ans lors de l’accident, elle était étudiante dans une école supérieure de commerce à Reims dans l’Hexagone. Elle venait de terminer sa première année et avait participé à une compétition sportive où elle avait terminé première dans sa catégorie, le cheerleading qui consiste à mêler danse et acrobaties. C’est une personne extrêmement tonique et d’enthousiaste. Elle a toujours aimé rire et était toujours de bonne humeur. Du moins, c’est du moins la Jade avant le 5 août 2022.  

Justement, qu’est-ce qui s’est passé ce jour-là ?   

Jean-Marc Ponchet : Ce jour-là, le 5 août 2022. pour clôturer nos belles vacances en Guadeloupe, j’ai lui proposé une sortie en mer avec une randonnée en jetski le long du littoral de la plage du Souffleur à Port-Louis. Il n’y avait personne sur l’eau. Nous sommes partis avec le moniteur qui avait son jetski, moi qui suivais derrière sur le mien, ma fille, jade sur le sien et deux autres clients, deux qui fermaient la marche et qui étaient tous les deux sur le même appareil. A bout de cinq ou dix minutes à peine que nous soyons partis, nous nous sommes arrêtés pour la deuxième fois. Le dernier jetski est arrivé à pleine vitesse et de côté, disons à la perpendiculaire sur ma fille qui a été projetée violemment sur plusieurs mètres de haut et de long. Elle est tombée immédiatement dans le coma. Je craignais qu’elle fût morte, vu l’impact. C’était choquant. Il y a eu toute une assistance sur la plage. Elle a été héliportée vers l’hôpital de Pointe-à-Pitre. Quinze jours après, elle a été transférée par avion vers celui de Bordeaux. Elle est restée en tout huit à dix semaines dans le coma. A son réveil, elle est restée en état végétatif.  

Quels ont été les diagnostics médicaux dans les jours et semaines qui ont suivi ? 

Jean-Marc Ponchet : Au début, ils n’osaient pas s’engager vu qu’elle a eu des lésions au tronc cérébral. Mais, assez vite, à Pointe-à-Pitre, ils étaient sceptiques à l’idée qu’elle puisse se réveiller. C’était très difficile à gérer car elle et moi étions loin de chez nous. Nous manquions de soutien. Je ne parle pas de Jade, mais de ma compagne et moi qui devions faire seuls à cette situation. Nous n’avons eu aucun soutien psychologique. Une fois que nous sommes rentrés à Bordeaux, les médecins ont eux-aussi fait le même diagnostique. Ils disaient que si elle sortait de l’état végétatif. Elle serait extrêmement amoindrie, dans la mesure où, peut-être qu’elle pourrait ouvrir les yeux que cinq minutes par jour en ayant la tête bloquée puisque celle-ci était révulsée sur la droite. Ils dressaient un tableau vraiment très négatif. De plus, ils subissaient comme une contrainte de la débrancher. Je ne sais pas si c’était dû à des problèmes liés à la réanimation sur Bordeaux à cette période. En tout cas, cela a été dit très fortement et même encouragé. Ce qui est horrible à dire.  

Dans quel état d’esprit étiez-vous pendant les jours où elle était dans le coma ? 

Jean-Marc Ponchet : C’est difficile à dire car, nous nagions véritablement dans un vrai bonheur à ce moment et lors de l’année qui s’était écoulée. Nous étions dans une sorte d’apogée de bien-être tous les deux, ce même si elle était à Reims et moi sur la Gironde. Jade et moi avons toujours été très complices. Puis, l’accident est arrivé. Y faire face comme ça, ce fut un vrai cauchemar. En plus, son programme était établi. Après ces vacances, elle devait partir pour Hong Kong en Asie pour poursuivre ses études. Il a fallu tout annuler, l’avion et l’hôtel qui avaient été réservés avant notre arrivée en Guadeloupe. Le scénario hautement probable qu’elle ne survive pas ou qu’elle soit perdue, au sens, qu’elle perde sa conscience et sa motricité, m’a complètement détruit de l’intérieur. Je ressemblais à un zombie. J’étais abattu par la douleur. J’alternais entre un état de sidération et la tristesse profonde. 

Jade à l’hôpital. Photo personnelle.

Est-ce que vous vous souvenez d’un moment particulièrement marquant pendant cette période ? Une parole d’un médecin, un geste, un espoir ou une maladresse d’un professionnel ? 

Jean-Marc Ponchet : Je n’ai pas le souvenir d’avoir reçu un geste d’espoir émanent des professionnels de santé.  Que ça soit à Pointe-à-Pitre ou à Bordeaux, les médecins ont été même très violents dans leur scepticisme. Après, je pense que ce n’est pas dans leur rôle de faire de la compassion mais, comme je le disais, pour eux, il n’y avait rien à espérer de Jade. Je n’ai pas d’anecdotes positives de cette période. C’était dur aussi bien par les faits que par la prise en charge. A Toulouse, ça été différent. Après Bordeaux, elle a été transférée à l’hôpital de Purpan de Toulouse, au service neurologie. L’accueil a été différent. Il faut dire que son état s’était amélioré. Il y a un peu du positif venant de l’équipe de soignants qui était très professionnelle.  

Comment vit Jade aujourd’hui ? Quel est son quotidien ? 

Jean-Marc Ponchet : son quotidien est un défi de tous les jours. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, elle est à + de 80% invalide.  Elle est paralysée à droite. Elle ne marche pas. Du fait de la lésion du tronc cérébral, elle n’entend pas. A ce sujet, elle n’a pas de problème à son appareil audition, mais cette lésion l’empêche de décoder les informations auditives. Elle a une ataxie qui se reflète par des tremblements de la main gauche qui la seule main qui est fonctionnelle. L’ataxie impacte aussi sa vision. Elle voit donc moins qu’avant. Son quotidien est qu’elle vit dans un appartement et qu’elle dépend d’auxiliaires de vie. C’est un accompagnement qui est lourd notamment financier. Elle ne communique que grâce à son Ipad en tapant avec un doigt. C’est donc un quotidien médical, bien éloigné de la vie qu’elle menait avant. Au niveau moral, elle ne parle pas beaucoup. Elle se bat tous les jours. D’ailleurs, elle écrit un livre ce qui la tient debout. Elle veut s’en sortir et elle a beaucoup progressé par rapport au début. Malgré ces progrès, les avis médicaux sont parfois pas très favorables.  

Et vous, qu’est-ce qui a changé dans votre quotidien depuis cet événement tragique ? 

Jean-Marc Ponchet : Dans la chronologie des faits et notre vie qui a été perturbée, cela m’a donné un infarctus. Cela a impacté ma vie personnelle. À la suite de tout cela, ma compagne m’a quitté. Tous les projets que nous avions ensemble ont été ajournés. Je ne travaille plus. C’est aussi le quotidien d’une personne dépressive. J’ai des médicaments à n’en plus finir. Entre les antis dépresseurs, les traitements pour le coeur. Je passe mon temps à me lever. Mentalement, je suis toujours bloqué sur 2022. Je n’arrive pas à croire que nous sommes en 2025. Les événements du 5 août 2022 sont gravés dans ma tête. Tous les jours, je vais voir ma fille à son retour de l’hospitalisation de jour. Tout a changé. La vie stable tant personnelle que professionnelle que j’avais, n’est plus. Je ne me projette plus. Tous les jours, j’affronte l’inquiétude et j’attends qu’il y ait du mieux pour Jade. Je suis en attente perpétuelle et donc cela donne du stress.  

À la suite de l’accident, il y a eu une procédure judiciaire et qu’ont dit les expertises et les juges ? 

Jean-Marc Ponchet : Si on reprend depuis l’impact, des gendarmes sont venus. Chose incroyable, ils n’ont pris aucun numéro de témoins.  Ce qui est totalement incompressible. Certes, il n’y avait pas de personnes nous entourant dans l’eau mais il y a eu des gens sur la plage qui ont vu l’attitude du moniteur. Rien n’a été fait. Ils n’ont pas fait d’expertises du jetski. Pour moi, l’enquête a été bâclée. Les gendarmes ont pris l’affaire comme un banal accident maritime à l’image d’un simple accident routier. Il y avait pourtant des choses à rajouter dans l’enquête comme le fait que les mis en cause avaient bu avant d’embarquer en mer. La société qui organisait la sortie, le savait. De plus, nous n’avions pas signé de contrat alors que nous devions le faire. Il y a aussi  le fait que la réunion préparatoire a été bâclée. Le fait aussi que dès le premier arrêt, nous avions déjà vu que les jeunes allaient trop vite. L’assistance à personne en danger est aussi à discuter. Ainsi que le fait que lorsque Jade a été transportée sur le rivage, la responsable du stand n’a pas voulu quitter son poste. Son époux qui était à cette époque le patron, depuis c’est un ami, est allé précipitamment récupérer l’engin au lieu de s’approcher de Jade. Il y a tout un ensemble d’éléments qui peuvent être discutés mais à ce jour, le procès est complètement à l’arrêt. Lors du premier rendez-vous judiciaire, seul le conducteur a été condamné mais aucune peine de prison n’a été prononcée. Toutefois, ce dernier a fait appel de la décision.  Ce qu’il s’est dit lors des audiences, est qu’ils voulaient impressionner Jade en faisait le fou sur l’eau. Du moins c’est l’idée qu’a avancé la procureure. En termes d’expertise, il n’y a qu’une qui a été faite, il s’agit d’une expertise médicale, faite à la troisième année où on regarde l’état consolidé de Jade qui signifie que son état n’évoluera plus. Ce qui me touche vraiment mais c’est une étape importante afin de pouvoir étaufer le dossier assurance. Cependant, il n’y a pas eu d’expertise judiciaire. A croire que pour eux, c’est un non-événement, c’est juste un accident. D’ailleurs, de sources sures, le dossier est jugé comme non prioritaire. Pour moi, l’affaire est prise à la légère alors que Jade ne devait pas se réveiller et aurait dû décéder. Je rappelle que nos vies ont été détruites. Nous n’avons plus les mêmes perspectives. On se demande si on pourra continuer de la sorte car, tant émotionnellement, moralement que financièrement c’est internable. Le coup pour maintenir Jade dans un appartement seule, dans son environnement, est très cher. Ce qui est effarant, c’est qu’aucune personne n’a été inquiétée. La société de jetski poursuit ses activités, quant au moniteur, il travaille désormais dans un hôtel très connu de la Guadeloupe sur le Gosier, le conducteur de l’engin lui est libre.

Jade et son père Jean-Marc Ponchet. Photo personnelle.

Et quelle sera votre prochaine étape ?  

Jean-Marc Ponchet : C’est une question à laquelle j’aimerais avoir des réponses. Il pourrait il y avoir deux suites. La première, le Tribunal de Pointe-à-Pitre prend l’appel du conducteur incriminé et donne une date de procès. La deuxième, que le Tribunal de Cayenne donne ses conclusions, car oui à un moment Pointe-à-Pitre s’est dessaisi du dossier au prétexte de ne pas avoir les compétences en matière maritime et que seule Cayenne a la capacité de dire si la distance où l’accident a eu lieu par rapport au rivage, la vitesse à laquelle le scooter des mers a percuté Jade, cela tombe dans affaires du tribunal maritime.  Cependant, à ce stade, nous n’avons absolument rien. Je suis donc incapable de dire quelle sera la prochaine étape. Ce qui est pour moi très angoissant. Le peu d’expériences que j’ai, quand on a au moins un courrier, nous avons une convocation dans les dix ou douze mois à venir. C’est très long et l’attente rajoute un poids à la souffrance. Notre vie est à l’arrêt complet tandis que les personnes impliquées, elles, elles continuent à vivre leur vie sans problème. C’est surtout affligeant quand on sait que le propriétaire de l’entreprise savait que les deux jeunes avaient bu avant de faire l’escapade en mer. Je suis d’ailleurs convaincu que toutes ces personnes, notamment les responsables de la société et le moniteur se sentent totalement non-coupables et non responsables de l’accident. Ils mettent tout sur le dos du conducteur. Néanmoins, n’oublions pas qu’il y a une entreprise qui a pris la décision de confier ses appareils à deux personnes qui avaient bu de l’alcool avant de partir en mer. En plus, ils ont été placés en dernier, alors qu’ils auraient dû être placé en tête sous la surveillance du moniteur qui, en pleine conscience de la dangerosité, les a pris avec nous. Il n’y a pas eu de rappel de sécurité, les deux jeunes n’ont pas été encadrés ni expulsés comme cela le requiert. Pourtant, jusqu’à présent ces gens-là exercent la même activité. À tout moment, quelqu’un peut louer leurs services, être complètement défoncé, partir en mer et revenir aisément.  

Il aura fallu que je les appelle en colère pour leur signifier qu’ils n’avaient pas de système qui permette de maintenir les jet ski à distance les uns des autres afin d’éviter les collisions pour qu’ils l’achètent. C’est cet accident qui a permis à cette société d’investir dans ce matériel qui est surtout indispensable et d’ailleurs je reprends le propriétaire disait “ l’appareil fait 400€ c’est trop cher.” L’attitude de la société de scooters des mers est incroyable. Ils se sont déresponsabilisés de tout. Ils ont menti à la gendarmerie en montrant des contrats qui n’étaient pas les nôtres vu que ce n’étaient pas nos écritures ni nos noms et ils n’ont rien. Aucune fermeture administrative même temporaire. L’ancien propriétaire (qui l’était jusqu’à l’accident) m’a clairement signifié qu’ils n’y étaient pour rien alors que sa femme a accepté deux personnes fortement alcoolisées. En plus, ils demandent à tous leurs clients de laisser des commentaires positifs afin d’être bien vus sur Trip advisor. Écœurant.  

Jade Ponchet. Photo personnelle.

Pourquoi avez-vous choisi de lancer une pétition ? Qu’espérez-vous avec cette démarche ? 

Jean-Marc Ponchet : La pétition est simplement un faire-valoir pour demander justice. Pour attirer l’attention du public, ainsi que montrer qu’il y a des personnes qui soutiennent nos démarches auprès de la justice. Je lancerai plus tard un appel à soutien économique par rapport à des projets pour la rééducation qui se font hors de France. Ce que j’attends à travers elle, est d’alerter le public au sujet des accidents de scooters des mers qui sont bien plus nombreux qu’on ne le pense. N’oublions pas que c’est un moment de loisir que l’on fait en période de congés et de vacances. D’autre part, cette pétition a été faite pour porter la voix de Jade qui a été mise au silence. Tout a été détaillé dans la description, rien n’a été oublié.  

signez la pétition de Jean-Marc Ponchet : https://chng.it/LLF78SckQT

Êtes-vous soutenu par votre famille, vos amis ou par des associations ?  

Jean-Marc Ponchet : Oui, nous sommes soutenus par la famille et les amis(ies) proches sur Bordeaux. En ce qui concerne les associations, il y a des pistes notamment me concernant qui suit aidant. A l’époque, je n’imaginais le poids de cette position. Pour revenir à Jade, nous réfléchissons à comment elle pourrait avoir plus de sociabilisation et cela passerait par améliorer l’audition car même si elle parle, il y a des freins dans sa communication avec les autres et ça l’isole. Votre question est pertinente, notamment sur la question des associations, point que sur lequel nous devons vraiment nous y pencher.  

Quelles sont vos attentes aujourd’hui vis-à-vis des instances juridiques et de l’État ? 

Jean-Marc Ponchet : Que justice soit faite. Que l’affaire soit prise au sérieux. Qu’il y ait une véritable enquête. Que les enquêteurs effectuent leur travail comme en récupérant des numéros de témoins. J’ai contacté des avocats et ils ont été clairs, notre affaire a été classée comme un accident et aucune peine ne peut compenser les préjudices subis. Chose incroyable. Quand on compare avec les Etats-Unis, une affaire similaire, la responsabilité des auteurs est engagée beaucoup plus tôt. En France, c’est tout l’inverse. Je prends l’exemple de Pierre Palmade, auteur d’un accident dramatique sous substances, il n’a fait que quatre mois de prison et il est depuis en liberté surveillée. Il est récidiviste. On a l’impression qu’en France, on peut prendre la vie de quelqu’un, le tuer ou le rendre handicapé et ne rien risquer. J’attends de l’équilibre car c’est totalement disproportionné.  

Quels sont vos espoirs pour Jade, malgré les séquelles ? 

Jean-Marc Ponchet : Mes espoirs pour Jade est qu’elle puisse entendre de nouveau et qu’elle continue de progresser sur la partie mobilité. Qu’elle puisse retrouver le maximum de vie normale. Dans quelle condition ? Je n’en sais rien. Mais le meilleur possible pour qu’elle puisse goûter un peu plus à la vie et qu’elle gagne encore plus en autonomie. Elle a 23 ans et elle a une auxiliaire de vie H24. Elle prend sa douche seule mais il y a pleins de choses qu’elle ne peut plus faire seule. J’espère donc qu’elle sera plus autonome pour pouvoir créer une vie qu’elle désire. Elle est positive. Elle est contente d’avoir survécu. Cependant, ce n’est la vie qu’elle avait voulu. Avant l’accident, elle était passionnée par ses études. Elle était très motivée pour travailler. Elle faisait de la plongée, chose qu’elle adorait. Je souhaite qu’elle récupère le maximum de motricité. Je ne peux pas me résoudre à autre chose que le meilleur pour ma fille.  

Y a-t-il un message que vous aimeriez adresser à ceux qui vous écoutent, ou aux familles dans des situations similaires ? 

Jean-Marc Ponchet : Pour ceux et celles qui liront, le message est de pointer la dangerosité de cette activité ( Jet-ski) qui est quand même classée comme sport extrême par les assurances. Il faudrait demander que toutes les entreprises proposant des sorties en mer puissent avoir le tracker pour éviter les collisions. Pour ceux et celles qui vivent des situations comme la nôtre, le message est de ne pas rester seul quand on est aidant et de ne pas perdre espoir quand on est victime. Quand on prend le cas de Jade, on nous disait qu’elle n’allait pas vivre. Si nous avions perdu espoir, que nous avions écouté les médecins de la débrancher, ça aurait été fini. Ne lâchez pas. Nous sommes loins d’une capacité physique totale mais elle est en vie. Entourez vous. Demandez du soutien moral auprès de vous ou auprès d’associations comme la SAMSAH : Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés que l’on retrouve sur l’ensemble du territoire national. 

Merci Jean-Marc Ponchet d’avoir répondu à nos questions.

Jean-Marc Ponchet : C’est moi qui vous remercie vraiment.

signez la pétition de Jean-Marc Ponchet : https://chng.it/LLF78SckQT