Après sept mois de détention au Togo, dénoncée par ses proches, Steeve Rouyard devrait retrouver le sol français ce jeudi 1er janvier 2026. Le Guadeloupéen aurait été libéré par les autorités togolaises dans le cadre d’une vaste mesure de grâce présidentielle.
Le Guadeloupéen Steeve Rouyard aurait été libéré par les autorités togolaises, selon une source proche du Parlement français. Il devrait embarquer dès ce mercredi soir, 31 décembre 2025, à destination de Paris, avec l’espoir de débuter l’année 2026 entouré des siens.
Expert-comptable et militant pour la justice sociale, Steeve Rouyard avait été interpellé le 6 juin 2025 à Lomé. Une arrestation jugée arbitraire par ses proches et ses soutiens, qui ont toujours contesté sa participation à une manifestation contre le régime en place. Il a passé près de sept mois en détention au Togo, dans des conditions qualifiées de difficiles par son avocat, Maître Charles Nathey, qui s’était rendu sur place.
Détenu dans les locaux de la gendarmerie de Lomé, chargée de l’enquête, il recevait régulièrement la visite du consul de France au Togo, avait précisé son conseil. Steeve Rouyard encourait jusqu’à 30 ans de réclusion, poursuivi pour « atteinte à la sûreté de l’État » et « troubles à l’ordre public ».
Sa libération interviendrait dans le cadre d’une vaste mesure de grâce présidentielle. La presse togolaise évoque en effet la libération de 1 511 détenus, décidée en Conseil des ministres et entérinée par le président du Conseil, Faure Gnassingbé. Jusqu’à présent, les autorités françaises sont restées particulièrement discrètes sur d’éventuelles démarches diplomatiques engagées pour obtenir sa libération.
Originaire d’Anse-Bertrand, en Guadeloupe, Steeve Rouyard avait quitté son île natale au début de l’année 2025 pour s’installer au Togo, où il projetait d’ouvrir un cabinet d’expertise-comptable. Un projet brutalement interrompu après son interpellation, sur fond de tensions politiques et sociales.
Au moment de son arrestation, le Togo traversait une période de forte contestation. En avril 2024, une réforme constitutionnelle controversée avait instauré la fonction de Président du Conseil des ministres, sans limitation de mandat. Une évolution institutionnelle perçue par une partie de la population comme un moyen pour Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, de se maintenir durablement à la tête de l’exécutif.
La réforme a notamment entraîné la suppression de l’élection présidentielle au suffrage universel direct, transformant le régime présidentiel en régime parlementaire. Le poste de Président de la République est devenu honorifique, confié à Jean-Lucien Savi de Tové, tandis que Faure Gnassingbé est devenu, le 3 mai 2025, Président du Conseil des ministres, concentrant l’essentiel du pouvoir exécutif, sans limite de mandat.
Ces changements ont été vivement contestés par la société civile togolaise. Le pays a alors été secoué par des grèves générales, des marches pacifiques, régulièrement réprimées par les forces de sécurité. Selon Amnesty International, des violences ont été commises contre des manifestants, incluant l’usage de balles en caoutchouc, voire de balles réelles. L’ONG évoque également des arrestations arbitraires, des actes de torture et des détentions prolongées. L’agence Reuters a par ailleurs rapporté la découverte des corps de sept personnes à différents endroits de Lomé, la capitale.
Si la libération de Steeve Rouyard est confirmée, elle constitue un immense soulagement pour ses proches et ses soutiens, mobilisés sans relâche depuis le premier jour de son incarcération.
Réactions politique :
Le président de Région Ary Chalus, salue avec enthousiasme la libération de Steeve Rouyar détenu au Togo.
Après avoir été tenu informé par l’Élysée, le président Ary Chalus a échangé cette information avec le père de Steeve Rouyar. L’exécutif régional exprime sa profonde satisfaction et son soulagement face à la libération de ce ressortissant français originaire de Guadeloupe.
Après plus de 7 mois d’une détention obscure et prolongée, sans communication claire sur les conditions de son incarcération, et encore moins sur l’avancement d’une procédure judiciaire éventuelle, la libération de Steeve Rouyar marque la fin d’une épreuve douloureuse pour sa famille et l’ensemble de la communauté guadeloupéenne.
Le Président Chalus rappelle que, dès l’annonce de cette situation, la Région Guadeloupe a mobilisé ses ressources pour alerter les autorités françaises, notamment via une correspondance officielle adressée au Président de la République Emmanuel Macron le 19 août 2025, demandant des informations précises et une intervention urgente pour garantir le respect des droits fondamentaux de notre compatriote.
« 𝘊𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘭𝘪𝘣é𝘳𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘦𝘴𝘵 𝘶𝘯𝘦 𝘷𝘪𝘤𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘭𝘢 𝘫𝘶𝘴𝘵𝘪𝘤𝘦 𝘦𝘵 𝘭𝘦𝘴 𝘥𝘳𝘰𝘪𝘵𝘴 𝘩𝘶𝘮𝘢𝘪𝘯𝘴. 𝘌𝘭𝘭𝘦 𝘥é𝘮𝘰𝘯𝘵𝘳𝘦 𝘭’𝘪𝘮𝘱𝘰𝘳𝘵𝘢𝘯𝘤𝘦 𝘥’𝘶𝘯𝘦 𝘮𝘰𝘣𝘪𝘭𝘪𝘴𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘤𝘰𝘭𝘭𝘦𝘤𝘵𝘪𝘷𝘦 𝘦𝘵 𝘥’𝘶𝘯𝘦 𝘥𝘪𝘱𝘭𝘰𝘮𝘢𝘵𝘪𝘦 𝘢𝘤𝘵𝘪𝘷𝘦 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘱𝘳𝘰𝘵é𝘨𝘦𝘳 𝘯𝘰𝘴 𝘤𝘪𝘵𝘰𝘺𝘦𝘯𝘴 à 𝘭’é𝘵𝘳𝘢𝘯𝘨𝘦𝘳. 𝘑𝘦 𝘵𝘪𝘦𝘯𝘴 à 𝘳𝘦𝘮𝘦𝘳𝘤𝘪𝘦𝘳 𝘵𝘰𝘶𝘵𝘦𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘱𝘢𝘳𝘵𝘪𝘦𝘴 𝘪𝘮𝘱𝘭𝘪𝘲𝘶é𝘦𝘴, 𝘺 𝘤𝘰𝘮𝘱𝘳𝘪𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘢𝘶𝘵𝘰𝘳𝘪𝘵é𝘴 𝘵𝘰𝘨𝘰𝘭𝘢𝘪𝘴𝘦𝘴 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘭𝘦𝘶𝘳 𝘤𝘰𝘰𝘱é𝘳𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘧𝘪𝘯𝘢𝘭𝘦, 𝘭𝘦𝘴 𝘴𝘦𝘳𝘷𝘪𝘤𝘦𝘴 𝘤𝘰𝘯𝘴𝘶𝘭𝘢𝘪𝘳𝘦𝘴 𝘧𝘳𝘢𝘯ç𝘢𝘪𝘴, 𝘭𝘦𝘴 𝘢𝘷𝘰𝘤𝘢𝘵𝘴 𝘦𝘵 𝘭𝘦𝘴 𝘢𝘴𝘴𝘰𝘤𝘪𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘰𝘯𝘵 œ𝘶𝘷𝘳é 𝘴𝘢𝘯𝘴 𝘳𝘦𝘭â𝘤𝘩𝘦. 𝘚𝘵𝘦𝘦𝘷𝘦 𝘙𝘰𝘶𝘺𝘢𝘳 𝘱𝘦𝘶𝘵 𝘥é𝘴𝘰𝘳𝘮𝘢𝘪𝘴 𝘳𝘦𝘵𝘳𝘰𝘶𝘷𝘦𝘳 𝘭𝘦𝘴 𝘴𝘪𝘦𝘯𝘴 𝘦𝘵 𝘱𝘰𝘶𝘳𝘴𝘶𝘪𝘷𝘳𝘦 𝘴𝘢 𝘷𝘪𝘦 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘶𝘯𝘦 𝘴é𝘳é𝘯𝘪𝘵é 𝘳𝘦𝘵𝘳𝘰𝘶𝘷é𝘦, 𝘦𝘯𝘵𝘰𝘶𝘳é 𝘱𝘢𝘳 𝘭𝘦𝘴 𝘴𝘪𝘦𝘯𝘴 », déclare Ary Chalus.
La Région Guadeloupe réaffirme son engagement à veiller sur la sécurité et les droits de l’ensemble des Guadeloupéens où qu’ils se trouvent, et appelle à une vigilance accrue face aux situations similaires qui pourraient affecter d’autres Guadeloupéens.

