Avez-vous vu la couresse ? Disparue des radars depuis 2004, la Grande couresse de Guadeloupe, serpent endémique et inoffensif, est aujourd’hui en danger critique d’extinction. Face à l’urgence, la préfecture de Guadeloupe et l’Office français de la biodiversité lancent un appel à témoignages auprès de la population afin de tenter de retrouver sa trace et mieux protéger l’espèce.
Contrairement aux idées reçues, la Guadeloupe est bien un territoire qui abritait des reptiles, parmi lesquels la Grande couresse de Guadeloupe.
Totalement inoffensive pour l’homme car non venimeuse, cette espèce endémique des Petites Antilles était présente notamment en Guadeloupe et à Saint-Martin. Discrète et rapide, elle pouvait atteindre près d’un mètre de long. Sa couleur brun-gris, parfois légèrement rayée, lui permettait de se fondre parfaitement dans son environnement naturel.
Malgré sa mauvaise réputation, la grande couresse jouait un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes locaux. Elle se nourrissait principalement de petits lézards, d’amphibiens et d’insectes, contribuant ainsi à réguler certaines populations animales. Pourtant, elle reste largement méconnue et souvent victime des peurs qu’inspirent les serpents.
Aujourd’hui, l’espèce est en fort déclin et fait face à de nombreuses menaces. La destruction de son habitat liée à l’urbanisation, l’introduction de prédateurs comme la mangouste, les chats ou les chiens, ainsi que les actions humaines directes — notamment les mises à mort par crainte ou méconnaissance — mettent en péril sa survie.
Symbole de la biodiversité locale, la grande couresse est désormais en danger critique. Pour preuve, la dernière observation officielle remonte à 2004. Un constat alarmant qui fait de sa conservation un défi majeur pour les autorités et les acteurs de la protection de l’environnement

Chaque signalement peut faire avancer la recherche
Sa disparition constituerait une perte majeure pour l’équilibre écologique de l’archipel. C’est pourquoi la préfecture invite la population à signaler toute observation de ces serpents inoffensifs, en précisant la date, le lieu exact et, si possible, en joignant une photographie. Les témoignages peuvent être transmis via WhatsApp au 06 90 31 01 85 ou par courriel à reseaucouresse@gmail.com. Un geste simple, mais précieux, pour tenter de retrouver ces espèces discrètes, dont certaines n’ont plus été observées officiellement depuis de nombreuses années.
Cet appel n’est pas inédit. Dès 2022, l’Office français de la biodiversité et la Société herpétologique de France avaient déjà lancé une campagne similaire afin d’améliorer les connaissances sur les reptiles menacés des Antilles. Au cœur des préoccupations figure notamment la Grande couresse de Guadeloupe, une couleuvre endémique de la Guadeloupe continentale.
Autrefois commune, notamment dans les années 1980, cette espèce est aujourd’hui classée en danger critique d’extinction. Elle ne serait plus présente qu’en Grande-Terre et en Basse-Terre, de manière très rare et localisée, et aurait disparu de Marie-Galante.

Les observations du public sont donc essentielles. Une photo, une localisation précise, une date ou même un témoignage détaillé peuvent permettre aux naturalistes de mieux cartographier la présence de l’espèce et, à terme, d’orienter les actions de conservation.
Dans les jardins, lors d’une randonnée ou au détour d’un chemin, chaque signalement peut faire la différence. Pour les autorités et les associations mobilisées, retrouver la trace des couresses est devenu un enjeu majeur pour tenter de sauver ces serpents endémiques de Guadeloupe et de Saint-Martin, avant qu’ils ne disparaissent définitivement.
Des efforts de sensibilisation restent donc indispensables pour mieux faire connaître cette espèce, changer les perceptions et encourager sa protection.

