Deux jeunes hommes originaires de Guyane ont quitté la France pour s’engager volontairement aux côtés de l’armée ukrainienne. Recrutés via les réseaux sociaux et présentés comme soldats volontaires, ils auraient déserté après leur incorporation. Arrêtés par les autorités ukrainiennes, ils sont aujourd’hui incarcérés. Leur situation soulève de lourdes questions juridiques, diplomatiques et humaines, dans un conflit où l’idéalisme se heurte brutalement à la réalité de la guerre.
D’après les informations révélées ce jeudi 8 janvier par le député Jean-Victor Castor, deux jeunes auraient rejoint l’Ukraine après avoir été approchés via les réseaux sociaux. Leur recrutement se serait fait par l’intermédiaire de contacts basés au Brésil. Selon le média France-Guyane, M. et S. se seraient engagés dans ce conflit après avoir essuyé un refus de l’armée française. Contactés sur les réseaux sociaux par des recruteurs brésiliens, ils se voient proposer un contrat de six mois. Selon le site officiel de recrutement de l’unité ukrainienne concernée, les rémunérations annoncées oscillent entre 1 400 et 3 300 dollars mensuels. À ce stade, la nature exacte des engagements contractuels reste inconnue.
À leur arrivée sur le territoire ukrainien, ils auraient été pris en charge par des recruteurs liés à une organisation paramilitaire baptisée « La Revanche internationale », structure spécialisée dans la formation de volontaires étrangers engagés dans le conflit. Après avoir quitté le front depuis près de quinze jours, les deux Guyanais ont été arrêtés et sont actuellement détenus par les autorités ukrainiennes pour désertion.
Une fois en Ukraine, les deux ressortissants guyanais auraient signé des contrats rédigés en ukrainien, sans en comprendre la langue ni la portée réelle des engagements souscrits. Rapidement confrontés à la brutalité du front, ils auraient, comme d’autres combattants étrangers avant eux, choisi de déserter.
En effet toujours selon le quotidien guyanais, après un passage sur le front, dans des conditions climatiques extrêmes, sous un épais manteau de neige, les deux jeunes Guyanais auraient décidé de prendre la fuite en direction de la Moldavie. S’ils parviennent à franchir la frontière, ils sont rapidement interpellés par les autorités moldaves, puis remis aux autorités militaires ukrainiennes. Accusés de désertion, ils sont alors transférés à Kyiv, capitale de l’Ukraine.
En fuite, ils seraient parvenus à franchir la frontière moldave avant d’être interpellés par les forces de l’ordre locales, puis remis aux autorités militaires ukrainiennes.
Les familles, inquiètes de leur situation, ont alors saisi le député Jean-Victor Castor. Le parlementaire guyanais explique avoir rapidement alerté les autorités françaises afin d’obtenir des informations et une prise en charge du dossier. L’ambassade de France aurait pu établir un contact avec l’un des deux jeunes. Mais la situation reste complexe. « Les officiers de la structure paramilitaire ont récupéré leurs passeports, ce qui rend l’action diplomatique difficile », souligne le député.
À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités ukrainiennes. Les démarches diplomatiques se poursuivent pour tenter d’obtenir un retour des deux jeunes en France.
« Voilà un exemple de choses à ne pas faire. À un moment, les familles n’avaient plus aucun contact avec eux. Ce sont des situations extrêmement dangereuses. Je rappelle que dans l’histoire, les gens de nos pays sont utilisés comme chair à canon» Rappel le député de la Guyane.

