Le cabotégravir arrive en France : la prévention du VIH entre dans une nouvelle phase

Attendu depuis près de deux ans par les associations et les spécialistes, un traitement préventif injectable contre le VIH s’apprête à faire son entrée en France. À longue durée d’action, administré tous les deux mois, il pourrait alléger le quotidien des personnes exposées au risque d’infection et marquer un tournant majeur dans la stratégie de prévention du VIH/Sida.

C’est sans doute une nouvelle avancée dans la lutte contre le VIH/Sida qui va soulager autant les personnes exposées que leurs proches. Un traitement préventif contre l’infection au VIH va enfin faire son entrée en France, selon les termes d’un arrêté gouvernemental. Injectable, à longue durée d’action, il est considéré comme une avancée majeure par les associations et les spécialistes qui l’attendaient depuis près de deux ans. Son nom : le cabotégravir.

Son arrivée sur le marché national se faisait attendre, aussi bien par les professionnels de santé que par les patients. Pour rappel, la Haute Autorité de santé (HAS) avait validé son intérêt à l’été 2024 pour Apretude, commercialisé par ViiV Healthcare, filiale du laboratoire britannique GSK. La haute institution avait toutefois émis des réserves, estimant qu’il n’apportait qu’une amélioration « modérée » du service médical rendu.

Depuis, la mise sur le marché était suspendue à des négociations tarifaires entre les autorités sanitaires et le laboratoire. Officiellement, une dose d’Apretude est vendue à plus de 1 000 euros. Le prix réellement remboursé par l’Assurance maladie, lui, reste confidentiel.

Comment ça marche ?

Le cabotégravir agit en bloquant la capacité du VIH à pénétrer et infecter les cellules. Il empêche ainsi le virus de s’installer dans l’organisme après une exposition. Utilisé correctement, dans le cadre d’un suivi médical rigoureux, il devient un outil puissant de prévention.

Administré par injection intramusculaire toutes les huit semaines par un professionnel de santé, il réduit la contrainte des prises quotidiennes, parfois difficiles à suivre pour certaines personnes.

L’espoir d’un tournant majeur

De nombreux experts et associations saluent déjà l’intérêt de ce médicament pour réduire le nombre de nouvelles infections. Dès 2020, l’agence des Nations Unies ONUSIDA évoquait un traitement susceptible de « changer la donne ».

Malgré cet enthousiasme, l’association française de lutte contre le sida et les hépatites Aides pointe certaines limites. Pour bénéficier du traitement injectable, il est nécessaire de réaliser un test de charge virale du VIH, qui n’est pas pris en charge à 100 %. Il peut donc rester un coût pour la personne concernée, éventuellement couvert par une mutuelle, souligne Solenn Bazin, chargée de plaidoyer prévention à Aides.

Par ailleurs, toutes les personnes exposées au virus ne sont pas éligibles. La HAS ne recommande pas ce traitement aux femmes en âge d’avoir un enfant, en raison d’un « risque potentiel de malformation » chez le fœtus. Toutefois, si une prescription est jugée souhaitable chez une femme en âge de procréer, elle peut être envisagée à condition qu’elle soit clairement informée des risques et qu’elle suive une contraception efficace. Un test de grossesse est également recommandé avant toute première prescription.

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