C’est un dans un contexte régional et international tendu que le Secrétaire d’Etat américain Marco Rubio se rendra en visite officielle dans la Caraïbe, du 26 au 28 mars. Un voyage qui le conduira à la Jamaïque, le Guyana et le Suriname, pour évoquer des sujets comme la sécurité ou les relations commerciales avec les dirigeants de ces pays.
Pour la première étape de sa tournée caribéenne, Marco Rubio se rendra en Jamaïque le mercredi 26 mars pour une rencontre au sommet à Kingston rassemblant les hauts dirigeants de la CARICOM, parmi lesquels la Présidente en exercice, Mia Mottley (et Première ministre de la Barbade), le nouveau Premier ministre de Trinidad-et-Tobago Stuart Young, et le Président en exercice du Conseil Présidentiel de Transition d’Haïti Fritz Alphonse Jean.
Il se rendra ensuite au Guyana et au Suriname, où il rencontrera leurs présidents respectifs, Mohamed Irfaan Ali et Chandrikapersad “ Chan “ Santokhi » Deux pays riches en pétrole, situés à la pointe sud-américaine de la Caraïbe, également membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM).
Des rencontres sous fond de tensions régionales et internationales :
Des tensions, il y en a. Au centre des discussions entre Rubio et ses homologues, les problèmes en Haïti, l’augmentation du trafic de drogue dans la région engendrant une augmentation de la criminalité et de l’insécurité mais surtout l’inquiétude des dirigeants sur les changements de la politique américaine qui risquent d’avoir des effets négatifs sur leurs économies. Sans oublier, les menaces croissantes d’une invasion du Venezuela à l’encontre de son voisin, le Guyana : Tensions entre le Venezuela et le Guyana : les venezueliens disent oui à l’annexion de l’Essequibo. – The Link Fwi De son côté, Nicolas Maduro accuse le Président guyanien Irfaan Ali de tenter de déclencher un conflit armé dans la région, les États-Unis ont lancé un avertissement sévère au dirigeant vénézuélien au début du mois , suite à des informations selon lesquelles un patrouilleur vénézuélien aurait pénétré dans les eaux guyanaises, menaçant les opérations offshore d’ExxonMobil. Partenariats énergétiques et économiques. Le Guyana et le Suriname avec les importants gisements de pétrole découverts ces dernières années sont des cibles stratégiques évidentes pour la “diplomatie/économique” des Etats-Unis qui, comme l’indique son slogan “America first”, veulent être les “premiers servis”.
Autre source de crispation entre Washington et ses voisins, l’immigration clandestine. Très récemment, le président Donald Trump a annoncé vendredi 21 mars mettre fin par ordonnance au statut légal de plus de 500 000 migrants latino-américains; Une décision qui concerne environ 532 000 Cubains, Haïtiens, Nicaraguayens et Vénézuéliens arrivés aux États-Unis dans le cadre d’un programme lancé en octobre 2022 par l’ex-président Joe Biden, et élargi en janvier de l’année suivante. Pour rappel, annoncé en janvier 2023 par l’administration précédente du président Joe Biden, ce programme spécial destiné aux Cubains, Haïtiens, Nicaraguayens et Vénézuéliens permettait l’entrée aux États-Unis pour deux ans pour un maximum de 30 000 migrants par mois. Cela en raison de la situation des droits humains dans ces quatre pays. Joe Biden avait à l’époque présenté le plan comme une méthode « sûre et humaine » pour alléger la pression à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.
Cependant, comme il l’avait promis lors de la campagne pour les présidentielles, Donald Trump a fait de l’immigration son cheval de bataille principal. Son administration a ainsi utilisé une législation rare en temps de guerre » The Aliens Enemies Act in The Aliens Sedition Acts « pour expulser plus de 200 membres présumés d’un gang vénézuélien vers le Salvador. Cette loi, qui permet au président américain en temps de guerre d’arrêter ou expulser des citoyens d’une nation ennemie, n’avait été utilisée qu’à trois reprises : pendant la guerre anglo-américaine de 1812 pour expulser des ressortissants britanniques ; durant la Première Guerre mondiale contre des ressortissants de pays ennemis et la Seconde Guerre mondiale pour interner plus de 100 000 citoyens japonais et Américains d’origine japonaise.
Autre source tension entre les pays de la Caraïbe et leur grand voisin du nord, Cuba qui a été dès les premières semaines du nouveau mandat de Donald Trump, placé sur la liste des pays qui sponsorisent le terrorisme. La Havane est donc, de nouveau au coeur de nouvelles sanctions économiques. D’ailleurs, pour ceux qui s’en souviennent, le secrétaire d’État des États-Unis Marco Rubio a affirmé que son pays va punir les officiels des pays indépendants s’ils poursuivent les échanges avec Cuba, notamment dans le domaine de la coopération médicale. Selon les États-Unis, le programme d’expédier les brigades médicales de Cuba vers plusieurs pays du monde, est une forme de travaux forcés pour les membres des équipes. Washington veut punir les dirigeants des pays qui accueillent ces équipes cubaines en révoquant les visas diplomatiques. Une décision fustigée par les Etats caribéens qui dépendent de cette aide cubaine.
Marco Rubio est donc attendu sur ces questions qui refroidissent les relations entre les Etats-Unis et leurs voisins du Sud.